COIFFURE
Janvier 1864.
Tu perdais tes cheveux, j'ai compris ta douleur : Mais vois donc de nouveau leur forêt dans sa force , Tel un chêne opulent, vigoureux sous l'écorce, S'effeuille au vent du nord, puis reprend son ampleur.
Ce soir tu danseras. — J'ai mandé ton coiffeur; Félix va revenir tresser la natte torse Et piquer une rose en innocente amorce; Pour attirer les yeux, passons-lui cette fleur!
Qu'en ses constructions, artiste, il se délecte ! Il dit vrai : bien coiffer prouve un bon architecte; Rendons, oui, rendons grâce au talent de ses fers,
Car ma gaîté se règle aujourd'hui sur la tienne; Mais, quel que soit l'effet que le coiffeur obtienne, Combien mieux ton grand cœur t'embellit dans ces vers!