‹ Poésies (volume 3)Chapitre 7 sur 124 · A UN ANE · texte numérisé non relu

A UN ANE

D'où te vient le mépris, baudet? Je le sais bien : La vanité conspue un serviteur modeste.

Aussi, que je voudrais par la voix et le geste Des pitiés de mon cœur réconforter le tien !

Quoi ! je t'accorde un cœur ? On raillera le mien. Pascal se scandalise, et Descartes proteste; Lui, le bon La Fontaine, en riant te moleste ; Mais tout être est amour, le mépris n'y peut rien.

Fi donc ! l'âne amoureux ; ô majesté de l'homme ! Doter d'un feu divin l'automate de somme! Il m'en coûtera gros chez les filles d'Adam.

Va, baudet, je t'ai vu l'échapper du village Quand paissait dans le pré l'ànessc au fin pelage ; De tes jeunes ardeurs je connais le roman.

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