‹ Poésies (volume 3)Chapitre 94 sur 124 · AUX ALLEMANDS · texte numérisé non relu

AUX ALLEMANDS

Décembre 1870.

Oui, vous défendez le vrai droit,

La sainte paix, la juste cause;

Vous l'affirmez, l'Anglais vous croit. —

Parlons maintenant d'autre chose.

Sans te mâcher la vérité, Je dis ton fait, race sournoise :

Tes lourdauds d'Université Exècrent la verve eauloise.

Ton subjectif confit en Christ, Et ton objectif bon apôtre, Se vengent de manquer d'esprit En nous écorchant pour le nôtre.

I l M PI RI

Cet esprit-là, voisins pillards, Il a marque clans votre histoire ; Vous vagueriez clans les brouillards, S'il n'eût brillé sur voire gloire.

Vous étiez lourds, épais surtout :

Un Velche vient, il vous enlève Sur le vol léger de son goût.

Et dame, de dépit l'on crève.

Vos Berlinois, voilà le hic, Ne pardonnent pas à Voltaire Qui décrassa leur Frédéric En francisant ce militaire.

Pour nous payer de vos succès Volez-nous donc des citadelles.

Patauds qui plumez les Français, Vos Victoires n'auront plus d'ailes!

Prussiens, Bavarois, Saxons, Triomphez à couper les vivres :

La faim combat; vous, gros garçons, Loin des remparts vous ronflez ivres.

Ah ! si jamais se rend Paris, Qu'humblement au moins de Moltke entre, Ce canonnier qui l'aura pris En Diafoirus, par le ventre !

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