AVERTISSEMENT
Dans cette reprise cTOnyx, je retranche près de la moitié de la première édition- j'ai corrigé ce que je conserve au point souvent d'en changer la forme. J'ajoute divers morceaux dont l'ébauche remonte à mes débuts; ils m'ont paru mériter, rien que pour le sujet, d'être finis avec soin. En outre, je détache des Rimes galantes deux pièces qui seront ici mieux dans le ton.
Quels que soient les ennuis du présent, j'ai fêté Deux sources de bonheur, l'ait et la volupté. Certes, si je pouvais exaspérer la lyre, J'aurais dû, né penseur, invoquer la satire, Plus austère, assaillir les défauts d'aujourd'hui, El ce qu'a fait Barbier l'entreprendre après lui. A quoi bon surmener son propre caractère? Ma haine aurait trahi l'effort; plutôt la taire. La poésie, en moi, ressemble aux cygnes blancs : Les fiers nageurs, jaloux de l'éclat de leurs flancs, Quittent les lacs brumeux pour nos pièces d'eau vive Où voir, comme autrefois, des Lédas sur la rive ; Tels mes instincts, soigneux de leur lyrique ardeur, Pour l'amour et le beau désertent la laideur.
Volez donc, vous, mes chants à la grâce fidèles, Plonger dans l'idéal et le plaisir vos ailes.
Lorsqu'au sein de Paris mai ramène l'été, Vainement la discorde assombrit la cité; Sable blond, gazon fin, plates-bandes fleuries, Orangers luxueux, ornent les Tuileries; Les marbres élégants, qu'attristaient nos hivers, Reprennent leur gaîté sous les marronniers verts; Les pigeons dans leurs nids roucoulent; dans les vasques S'irisent les cristaux des panaches fantasques. Ce jardin décoré, rendez-vous d'amoureux, Qu'avoisine un palais où les arts sont chez eux, Si j'ai su m'exprimer, je l'ai mis dans mon livre Avec le Louvre auprès pour qui daigne me suivie.