‹ PoésiesChapitre 24 sur 101 · LE JARDIN DES PUANTES · texte numérisé non relu

LE JARDIN DES PUANTES

Dans le vieux Muséum et son Jardin des Plantes Je souffie de sentir la nature en prison ; Les bêtes au cachot s'éteignent de morts lentes, Les arbres enfermés peinent sans floraison;

Elles-mêmes, sous clef, les pierres sont esclaves. Autour de moi je cherche : où donc la liberté? J'entends un nourrisson crier clans les entraves, Sur le sein maternel pauvre être emmailloté.

Cependant le petit qui presse une mamelle, S'en détache, puis dort; la mère en a souri. Comme elle a les doux yeux, la dame te rappelle, Madone au Coussin vert d'Andréa Solari.

Or, le bouton resté sur le haut du corsage Baigne dans la lumière une perle de lait, Et semble dire aux yeux qu'attriste le servage : « Moi du moins, je suis libre ; admirez, s'il vous plaît.»

Inédit.

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