‹ PoésiesChapitre 35 sur 101 · DIALOGUE LA CHARITÉ, LA PHILANTHROPIE · texte numérisé non relu

DIALOGUE LA CHARITÉ, LA PHILANTHROPIE

La Charité.

Vertu théologale au séjour de souffrance, J'assiste avec la Foi la divine Espérance. Jésus m'a par sa mort légué les malheureux : Mon rôle est le plus beau, car j'implore pour eux; Pour eux, dans chaque église et jusqu'au pied du trône Je quête : hélas ! Seigneur, qu'on marchande l'aumône ! Quand j'apporte trop peu chez mes tristes élus, Alors, les sous manquant, mon cœur fait le surplus: J'attendris mon regard en offrant une obole ; J'ajoute à l'humble pain la pitié qui console; J'applique avec douceur la charpie aux blessés; En de vieux draps j'étends les corps des trépassés; Ma main, toujours ouverte aux prisons, aux hospices, Leur donne, au nom du Christ, des médailles propices;

y 8 ONYX

Et quand je n'ai plus rien, j'ai les enfants trouvés Dans un pan de ma robe à la crèche élevés.

La Philanthropie.

Moi, j'instruis la justice à régner sur la terre; La patrie est partout où vit l'homme mon frère. Le cœur ainsi qu'à vous me bat, mais sa vertu Revendique les droits sitôt qu'il a battu. Pratiquez, bonne sœur, vos pitiés secourables, Puisque hélas ! les fléaux vous semblent incurables ; Allez vers l'infortune; et j'irai, car j'y crois, Vers l'ordre universel, dussé-je aller sans rois. Ma tâche est de servir aux obscurs la lumière, D'abaisser le palais, d'exhausser la chaumière. Je veux que l'indigent, guidé par mes leçons, Règle sur son travail sa part dans les moissons. Vous verrez de quel bien mon équité fourmille : Un jour, les continents s'uniront en famille; Plus large que la vôtre, aimable Charité, Ma robe abritera toute l'humanité.

Page 1