‹ PoésiesChapitre 36 sur 101 · ARCHITECTURE · texte numérisé non relu

ARCHITECTURE

J'entends, pour m'accorder avec l'architecture, Lui trouver un écho de ma propre nature, Et, pris par mes instincts, sentir le monument M'aller comme à ma taille adhère un vêtement. Dans la concorde alors, sous le toit de l'artiste, J'épanouis mes sens, fussé-jeen venant triste. Eh bien, l'art ogival pactise avec l'Enfer, Ses églises ont peur ; et moi, qui dans l'éther Aspire après l'amour d'un Dieu conçu sans haines, Et voudrais lui dresser, à l'exemple d'Athènes, Un temple couronné de frontons radieux, Où l'éternel Seigneur, miséricordieux, • En se voyant compris du marbre pentélique, Descendrait comme un père écouter ma supplique;

Comment, homme assuré que tout effort est vain Quand l'esprit sans la grâce enseigne un but divin, Comment me livrerais-je aux sombres cathédrales, Sans maudire en mon coeur ces majestés murales, Et le noir moyen âge, égaré dans sa foi, Qui de la lerre au ciel jette un tribut d'effroi ? Et d'ailleurs, ô Beauté, n'êtes-vous pas mon guide, Vous toujours me riant dans la blanche chlamyde Qu'un sculpteur de Milo tout exprès laissa choir A mi-corps de Vénus, pour mieux vous laisser voir? Symbolique idéal d'immuable harmonie, Sous une forme exquise éclose en Ionie, M'auriez-vous donc appris du haut d'un piédestal Les principes sacrés du style oriental, Pour me voir, entraîné par un vulgaire exemple, Dans la gothique église oublier le vieux temple; Eh quoi ! me recueillir devant l'énormité D'un incessant outrage au simple, à l'unité? Chercher sous un fouillis dont l'excès me fait honte L'horreur divinisée et trouver là mon compte? — Que l'édificateur emprunte au Parlhénon L'art d'attirer un Grec, et j'accours; sinon, non!

Inédit.

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