‹ PoésiesChapitre 44 sur 101 · A UN JEUNE SCULPTEUR · texte numérisé non relu

A UN JEUNE SCULPTEUR

Conservez toujours sains vos honnêtes penchants;

Comme on fuit un aspic évitez les méchants ;

N'aimez que la Beauté, puisque cette jalouse

Est toujours une amante, et jamais une épouse,

Et qu'au moindre regard tourné vers des laideurs

La sévère maîtresse éveille ses pudeurs.

Quand sa flamme et votre art pensent produire ensemble,

Voulez-vous que leur fruit à !a mère ressemble ?

Mettez dans le secret de la conception

Les Grecs, en vous gardant de l'imitation.

Bientôt vous sentirez sur votre idée en germe

Les suaves contours étendre un épiderme,

La vie alors surgir; et l'œuvre harmonieux

Dira que vos amours ont consulté les dieux.

Aimez donc, puisqu'il faut, pour créer, que l'on aime; Amoureux d'excellence, aspirez au suprême, Poursuivez l'idéal, et ne croyez en rien Celui qui dans le mieux voit l'ennemi du bien.

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