‹ PoésiesChapitre 48 sur 101 · A LA FANTAISIE · texte numérisé non relu

A LA FANTAISIE

Si j'adresse mes vers, c'est à toi, Fantaisie :

Muse qui l'inspiras, défends ma poésie.

Tu permets qu'un rimeur laisse gaîment courir

Sesgoûts vers l'inconnu, sans jamais s'y flétrir.

Les miens, sous ta conduite, ont le caprice adulte

Qui de tout s'émerveille, à tout consacre un culte :

Il leur faut les palais, les tableaux et les dieux,

Les femmes et les fleurs dont s'emplissent mes ^yeux.

Alors tu m'enhardis, et, si parfois j'abuse,

A ton compte tu prends mes licences, ô Muse !

Reçois donc le tribut de mon premier essor :

Ici j'aurais voulu t'offrir un trépied d'or;

Trop pauvre, j'ai fixé, sculpteur d'infime taille,

Sur un onyx laiteux ton profil en intaille.

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