‹ PoésiesChapitre 47 sur 101 · RENCONTRE DUNE CANÉPHORE · texte numérisé non relu

RENCONTRE DUNE CANÉPHORE

Nos pas vont ici près se croiser dans la plaine. Au-dessus de sa tête elle arrondit ies bras Pour porter jusqu'à Nice une corbeille pleine De sa jaune récolte, oranges et cédrats.

Ce dut être en voyant venir semblable belle Qu'un sculpteur, inspiré par un motif nouveau, De l'ordre de Corinthe inventa le modèle Et mit sur la colonne un pompeux chapiteau.

a Jeune Caryatide, abandonne à ma bouche — Car j'ai soif, étrangère, — un fruit pour l'apaiser Mais ne va pas courir si mon choix t'effarouche : Arrête, Canéphore ! il me faut un baiser. »

Et, toute frémissante, elle se laissa faire. Comment me repousser? Ses mains, dans l'embarras, En quittant la corbeille auraient jonché la terre De sa jaune récolte, oranges et cédrats.

« Adieu, toi dont les sœurs supportent le Pandrose ! » — Pour garder son reflet sur mes chants voyageurs, J'ai voulu la sculpter dans cette aimable pose A l'endroit où ma bouche a causé ses rougeurs.

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