‹ PoésiesChapitre 77 sur 101 · JUILLET · texte numérisé non relu

JUILLET

Le mois des blancs peignoirs, cher aux seins demi-nus, Juillet et ton corsage ouvert sont revenus, Belle aux rengorgements de colombe amoureuse; Quittons dès ce matin les tapis d'Aubusson, Viens piétiner de l'herbe et froisser la moisson, Campagnarde aujourd'hui de l'école de Greuse.

Emprunte à l'Accordée un abandon coquet; Relâche ton fichu, que j'y mette un bouquet; Nous allons rappeler les promis de village. Exprès j'ai revêtu ma veste de chasseur; Mais pense qu'à mon bras on te croirait ma sœur, Donnons-nous donc la main durant tout le voyage.

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Pour cueillir des bluets nous suivrons les oiseaux Sous les épis voûtés; certes clans ces berceaux Les baisers défendus seront de bonne prise. Le fermier soupçonneux, qui surveille alentour, Verra frémir son blé sans deviner l'amour; Nos plaisirs passeront pour l'effet de la brise.

Midi nous conduira vers l'ombragé Meudon. Alors, comment goûter? parbleu, sur le gazon. L'offre te semble-t-elle un peu trop roturière? Va, quand son chevalier propose en tapinois La dînette de poche à porter dans le bois, La plus marquise accepte et mange en couturière.

Où poser nos gâteaux ? mon Dieu, sur tes genoux. Quoi ! sans nappe ! empruntons ta jupe de dessous. Un arbre fournira le service de Sèvres. Aimes-tu le gibier? les bois ont du chevreuil ; Quant au vin, j'ai choisi deux pêches de Montreuil ; Mords dedans, je boirai ma part entre tes lèvres.

Que nous faut-il encor? N'est-ce pas ton avis Qu'il faut par les sentiers des lapins seuls suivis

Aviser pour la sieste une étroite cachette? Viens, je veux découvrir un réduit, mais si frais Qu'en ce mois, délectable à l'ombre des forêts, Tu trouveras mon nid meilleur que ta couchette.

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