‹ PoésiesChapitre 81 sur 101 · A PROPOS DE LA PLANÈTE LEVERRIER · texte numérisé non relu

A PROPOS DE LA PLANÈTE LEVERRIER

A ma Dame.

Que sont mes lauriers de poète?

T'en couronner, ma clame, est un honneur douteux ; Mieux vaut, pour te l'offrir, chercher une planète. —

Je pars; suis mon vol de tes vœux.

Au bleu profond jetons la sonde; Fouillons l'immense éther. — Céleste aventurier, J'ai trouvé, je reviens, j'apporte un nouveau monde :

Tiens! ne parlons plus de laurier.

Comme un César, femme que j'aime, Sur un globe conquis pose ton bras charmant: Ou dans ta chevelure, au lieu d'un diadème,

Montre un astre du firmament.

O dispensateur astronome !

Quand les flambeaux de l'air portent les noms des dieux, Que ma planète à moi d'un nom mortel se nomme :

Maîtresse, règne dans les deux!

Je rêvais, pardon, ma chère âme; C'est toi le feu divin qui me leurre en ces vers : J'ai pris pour une étoile un regard de ma dame,

Et tes grands yeux pour l'univers.

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