A PROPOS DE LA PLANÈTE LEVERRIER
A ma Dame.
Que sont mes lauriers de poète?
T'en couronner, ma clame, est un honneur douteux ; Mieux vaut, pour te l'offrir, chercher une planète. —
Je pars; suis mon vol de tes vœux.
Au bleu profond jetons la sonde; Fouillons l'immense éther. — Céleste aventurier, J'ai trouvé, je reviens, j'apporte un nouveau monde :
Tiens! ne parlons plus de laurier.
Comme un César, femme que j'aime, Sur un globe conquis pose ton bras charmant: Ou dans ta chevelure, au lieu d'un diadème,
Montre un astre du firmament.
O dispensateur astronome !
Quand les flambeaux de l'air portent les noms des dieux, Que ma planète à moi d'un nom mortel se nomme :
Maîtresse, règne dans les deux!
Je rêvais, pardon, ma chère âme; C'est toi le feu divin qui me leurre en ces vers : J'ai pris pour une étoile un regard de ma dame,
Et tes grands yeux pour l'univers.