‹ PoésiesChapitre 87 sur 101 · MADRIGAL · texte numérisé non relu

MADRIGAL

Eh bien, prenez à ce fier passé-là Le plus vanté de ses costumes :

Sur le chignon, marquise de gala,

Montespan, attachez vos plumes.

Allons, madame, adoptons ces paniers,

Et tolérez, ce fut l'usage, Que les jumeaux du lampas prisonniers

Quittent demi-nus leur corsage.

Comme il faudra planer dans un salon,

Tendez le pied, que l'on vous chausse D'argent tissé, monté sur un talon

Dont Pécarlate vous exhausse.

N'oublions pas la bouffette, un bijou!

Et, si l'on danse la Courante, Un négrillon qui vous vient au genou

Retroussera la traîne errante :

— Mettons en Turc ce nain... je ne sais d'où.

— Le lustre flamboie; Muse, suis ma joie

Au bal de nuit...

— Le soleil se lève ; La danse fait trêve...

Rentrons sans bruit.

Pour le Mardi, payons d'audace :

Vous, Erato, poussez à bout L'art mensonger du mauvais goût!

Phébus se couvrira la face.

« A moi l'époque du Régent!

Dit la Vierge; rimeur changeant, Je serai bergère accomplie.

N'écoute plus que ta folie :

Traite l'Elégie en Rondeau, Cache ma lyre, et que Watteau Trouve ma tournure jolie. »

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