‹ PoésiesChapitre 88 sur 101 · RONDEAU · texte numérisé non relu

RONDEAU

D'abord du musc : cette rose pompon, Dans vos cheveux noués comme au Japon, Doit en avoir, ou n'est pas naturelle.

Et poudrez-vous, pimpante pastourelle; Du fard, après, sur ce minois fripon.

Çà, maintenant, donnez-moi du crépon,

De quoi glisser sous la cotte un tampon; Bouffez, bergère, ou Vénus me querelle.

D'abord du musc.

Votre éventail montre un Amour poupon Nu, brandissant contre vous un harpon; Ripostez-lui d'un œil de tourterelle.

Et sur un air instrumenté pour elle Que la Pavane enfle votre jupon!

D'abord du musc.

— Le lustre flamboie, Muse, suis ma joie

Au bal de nuit...

— Le soleil se lève ; La danse s'achève...

Assez de bruit!

Auguste Polymnie, austère Calliope, Noble Érato, fuyez le plaisir interlope : J'entends l'airain sacerdotal Sonner le mercredi des Cendres.

Le péplum brodé de méandres Vous attend sur le piédestal.

Vous, Ode, Epopée, Elégie, Réintégrez chaque effigie Dans ses solennels attributs; Et je remplirai le carême Des pénitences d'un poème Contrit de mes mondains abus.

Arrière, élégances fanées Par les années :

Joyaux éteints, tissus roussis, Parfums rancis!

Quittons ces modes surannées Pour du nouveau.

— Sonnet, Madrigal et Rondeau, Débitez à l'écart vos vers de damoiseau.

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