RONDEAU
D'abord du musc : cette rose pompon, Dans vos cheveux noués comme au Japon, Doit en avoir, ou n'est pas naturelle.
Et poudrez-vous, pimpante pastourelle; Du fard, après, sur ce minois fripon.
Çà, maintenant, donnez-moi du crépon,
De quoi glisser sous la cotte un tampon; Bouffez, bergère, ou Vénus me querelle.
D'abord du musc.
Votre éventail montre un Amour poupon Nu, brandissant contre vous un harpon; Ripostez-lui d'un œil de tourterelle.
Et sur un air instrumenté pour elle Que la Pavane enfle votre jupon!
D'abord du musc.
— Le lustre flamboie, Muse, suis ma joie
Au bal de nuit...
— Le soleil se lève ; La danse s'achève...
Assez de bruit!
Auguste Polymnie, austère Calliope, Noble Érato, fuyez le plaisir interlope : J'entends l'airain sacerdotal Sonner le mercredi des Cendres.
Le péplum brodé de méandres Vous attend sur le piédestal.
Vous, Ode, Epopée, Elégie, Réintégrez chaque effigie Dans ses solennels attributs; Et je remplirai le carême Des pénitences d'un poème Contrit de mes mondains abus.
Arrière, élégances fanées Par les années :
Joyaux éteints, tissus roussis, Parfums rancis!
Quittons ces modes surannées Pour du nouveau.
— Sonnet, Madrigal et Rondeau, Débitez à l'écart vos vers de damoiseau.