‹ PoésiesChapitre 9 sur 101 · A LA VÉNUS DE MILO · texte numérisé non relu

A LA VÉNUS DE MILO

O belle de Milo, que sont-ils devenus

Tes bras, tes jeunes bras, ô ma belle Vénus?

Dis aux regrets sacrés qui troublent mes hommages

Quel pirate, abordant tes fortunés rivages,

Plus dur que Diomède, arma ses lâches mains

Pour frapper tes attraits délices des humains?

Faut-il que la Beauté n'ait pas su te défendre!

Quoi ! le marbre — ton sang, ta chair — a pu se fendre

Et Jupiter Tonnant vit le coup, et les cieux

N'écrasaient pas l'infâme à tes pieds, sous tes yeux?

Cependant ton sourire est demeuré le même,

Toujours tu te complais dans ta grâce suprême.

Victrix, ah ! tu fais bien d'oublier tes revers,

Ces bras, ces jeunes bras, le tourment de mes vers,

Puisqu'il n'est plus d'amour dont la douceur mérite Que les ouvre au plaisir la divine Aphrodite, Et qu'il n'est plus, hélas! d'Adonis aujourd'hui Pour t'entraîner, ô belle, à les fermer sur lui!

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