LA BIENFAISANCE
V ierge propice au malheureux , Toi que la divine clémence , Le même jour que l'espérance , Du ciel fit descendre pour eux ;
Béni soit ce dieu tutélairc , Qui, du sort calmant le courroux, Versa dans une coupe amére Ton miel et si pur et si doux :
D'un nuage entourant ses charmes , Fuyant et le Jour et le bruit , La pitié , l'œil mouillé de larmes , T'accompagne au sein de la nuit.
Aux lieux où , lasse de la vie , Respire et gémit le malheur , Tu viens , infatigable amie , Verser le calme et le bonheur.
Quand l'ombre s'étend plus profonde La rosée , au sein des vallons , S'écoule , invisible et féconde , Et tarit la soif des gazons ;
Mais révélant ces dons timides Par qui rajeuniront les fleurs , Le soleil en perles humides Vient changer les flots bienfaiteurs :
Ainsi , des voiles du mystère Qu'un bienfait se couvre à nos j i S'il est ignoré de la terre , Ou s'en souviendra dans ±es cieux.
La vie est un torrent qui passe, Un court et douloureux sommeil, Un songe vain , dont tout s'efface Le bienfait survit au réveil.