AU REVOIR
LiE jour brunit; de ton absence
On s'apercevrait au hameau !
Ne retiens plus ma main , Clémence;
La nuit va couvrir le coteau.
Au sein du cre'puscule sombre ,
Mes yeux suivront tes pas dans l'ombre :
Séparons-nous, car il est soir.
Sans adieu, Clémence, au revoir!
Avec regret je t'abandonne :
C'est l'heure où je t'aime le mieux ,
L'heure où ta douce voix résonne
En accens plus mélodieux ;
Où ton regard , de pleurs humide
Sur moi s'arrête moins timide ,
A demi voilé par le soir.
Sans adieu , Clémence , au revoir !
Huit fois l'horloge a frappé l'heure ; Nous ne sommes plus en été :
Quand tu regagnais ta demeure, Dix fois l'horloge avait tinté.
Maintenant le jour fuit à peine Que la nuit vient voiler la plaine ; Nous n'avons presque plus de soir.
Sans adieu , Clémence , au revoir !
Une vision chaste et pure Au moins charmera mon ennui ; Et , quand tout dort dans la nature .
Ton fantôme égaiera ma nuit.
Oui , pour consoler mon veuvage , En songe , ta riante image A mon chevet viendra s'asseoir Sans adieu , Clémence , au revoir !