‹ Poésies (volume 2)Chapitre 25 sur 31 · CELUI QUI VOUS ATTEND TOUJOURS · texte numérisé non relu

CELUI QUI VOUS ATTEND TOUJOURS

«■ Au sein de la cité bruyante Le folâtre plaisir la retient à jamais ;

Pauvre Edmond ! tu n'as plus d'amante ;

Et pourtant, combien je l'aimais!

Hélas ! je la chéris encore, Et dans ces lieux , témoins de nos premiers amours

Vous ne reviendrez plus , Isaure ï

Et moi , je vous attends toujours.

« Oh ! que de peine et d'espérance Descendit dans mon cœur le soir de nos adieux , Lorsque , pâle de ma souffrance Et séchant les pleurs dans mes yeux Elle me dit : Le ciel prospère ,

Edmond, doit protéger nos timides amours. Je pars : j'obéis à mon père; Mais vous, attendez-moi toujours.

« Et je l'attends ! et du feuillage Trois fois dans le vallon les couleurs ont jauni ! Et dans l'enclos de mon village Je vais errant comme un banni !

Pourtant j'oublîrais tout, Isaurc , Si le vague regret de nos premiers amours Parfois vous rappelait encore Celui qui vous attend toujours. «

Elle n'était pas inconstante :

Reprenant du hameau le verdoyant chemin ,

Elle accourait, belle et riante,

Lui présenter l'anneau d'hymen.

Mais , helas ! d'un trop long martyre Ce ne fut pas l'hymen qui termina le cours ,

Et sur sa tombe elle put lire :

Celui qui vous attend toujours. >^

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