‹ PoésiesChapitre 1 sur 142 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

CHARPENTIER, LIBRAIRE-ËDITEUR

28, QUAI DE L'ÉCOtE, 28

Al LKOTEUR

DES DEDJL VOLUMES DE VERS DE L'ADTCtIR.

Ce livre est toute ma jeunesse ; Je l'ai fait sans presque y songer.

11 y pai-alty je le confesse.

Et j'aurais pu le corriger.

Mais quand rhomme change sans cesse, Au passé pourquoi rien changer ?

Va-t'en, pauvre oiseau passager; Que Dieu te mène à ton adresse !

Qui que tu sois, qui. me lii-as.

Lis-en le plus que tu pourras , Et ne me condamne c[u'eu somme.

Mes premiers vers sont d'un enfant,

Les seconds d'un adolescent,

Les derniers à peine d'un homme.

Quand je taiiuais, pour loi j'aurais donné ma vie. Mais c'est toi , de t'aimer , toi qui m'ôtas Tenvie. A tes pièges d'un jour on ne me prendra plus ; Tes ris sont maintenant et tes pleurs superflus. Ainsi, lorsqu'à l'enfant la vieille salle obscure Fait peur, il va tout nu décrocher quelque armure; Il s'enferme, il revient, tout palpitant d'effroij^ Dans sa chambre bien noire et dans son lit bien froid. Et puis, lorsqu'au matin le jour vient à paraître, 11 trouve sou fantôme aux plis de sa fenêtre , Voit son arme inutile, il rit et, triomphant. S'écrie : u Oh que j'ai peur } oh que je suis enfant ! »

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