VENISE
Dans Venise la rouge Pas un bateau qui bouge , Pas un pêcheur dans l'eau.
Pas un falot.
Seul, assis à la grève, Le grand lion soulève, Sur l'horizon serein, Son pied d'airain.
Autour de lui, par groupes, Navires et chaloupes , Pareils à des hérons Couchés en ronds.
Dorment sur l'eau qui fume, Et croisent dans la brume, En légers tourbillons.
Leurs pavillons.
La lune qui s'efface Couvre son tout qui passe
D'un nuage étoile Demi-voilé.
Ainsi, la dame abbesse^ De Sainte-Croix rabaisse Sa cape aux vastes plis Sur son surplis.
Et les. f)alais antiques.
Et les graves portiques, Et les blancs escaliers Des chevaliers,
Et les ponts, et les rues, Et les mornes statues.
Et le golfe mouvant Qui tremble au vent ,
Tout se tait, fors les gardes Aux longues hallebardes, Qui veillent aux créneaux Des arsenaux «
— Ah ! maintenant plus d'une Attend, au clair de lune.
Quelque jeune muguet.
L'oreille ftu guet.
t*oiir le bal qu'on prépare , Plus d'une qui se pare