APRÈS UNE LECTURE. 2SS
Certes, c*est une vieille et vilaine funille
Que celle des frelons et des imitateurs;
Allumeurs de quinquets, qui voudraient être acteurs.
Aristophane en rit, Horace les étrille ;
Mais ce n'est rien auprès des versificateurs.
Le dernier des' humains est celui qui cheville.
Est-il, je le demande, un plus triste souci Que c«lui d*un niais qui veut dire une chose, Et qui ne la dit pas, faute d'écrire en prose ? J'ai fait de mauvais vers, c'est vrai; mais, Dieu merci! Lorsque je les ai faits, je les voulais ainsi. Et de Wailly ni Boiste, au moins, n'en sont la cause.
Non, je ne connais pas de métier plus honteux. Plus sot, plus dégradant pour la pensée humaine. Que de se mettre ainsi la cervelle à la gène. Pour écrire trois mots quand il n'en faut que deux. Traiter son propre cœur comme un chien qu'on enchaîne Et fausser jusqu'aux pleurs que l'on a dans les yeux.
0 toi qu'appelle encor ta patrie abaissée. Dans ta tombe précoce à peine refroidi. Sombre amant de la Mort, pauvre Léopardi ^ Si, pour faire une phrase un peu mieux cadeufififi.^
' Vun des petites les plus remarquables 0» Y\\a\\ft 'iûsA«t^^%'«»»*'^'
IJ ['niU f^llu jamais loucher à ta ptnfSt'e, Qu'iurait-il r^jiondu, ton cœur simple et hardi?
SX Teïle fut ta vigueur Ae too sobre géaie, Tel fui Ion diaste amour ptïur Tàpre vèrilo, Qu'on milieu dcA laugueiir^i du parler d'Ausauie Tu cirdaijpius la rime et sa molïe harmonie. Pour ne laîjtser vibrer mr ton Inlli irrité Que Taccent du malheur et de la Iil>erté.
Kt pourtant il s*y mêle une douceur divine; Hélas f c*esl lou amour, c^esl la \oix de Kériutî, Kértne aui yeux brillants qui te faûiâieut pAlir, iletle que tu uommaiît ton « étemel soupir *-, Hélas 1 sa maison peinte au pied de la colliue Besta déserte un jour, et tu la vis mourir;
Et tu mourus aussi. Seul, l*Âme désolée, Mais toujours calme et bon, sans te plaindre du so Tu marchais en chantant dans ta route isolée. L'heure dernière vint, tant de fois appelée. Tu la vis arriver, sans crainte et sans remord, Et tu goûtas enfin le charme de la mort,
NoTembr« it4a.
•OMSTET
Non, quand bien même une amère souffrance Dans ce cœur mort pourrait se ranimer; Non, quand bien même une fleur d'espérance Sur mon chemin pourrait encor germer;
Quand la pudeur, la grâce et l'innocence Viendraient en toi me plaindre et me charmer, Non, chère enfant, si belle d'ignorance, Je ne saurais, je n'oserais t'aimer.
Un jour pourtant il faudra qu*il te vienne, L'instant suprême où l'univers n'est rien. De mon respect alors qu'il te souvienne !
Tu trouveras, dans la joie ou la peine. Ma triste main pour soutenir la tienne. Mou triste cœur pour écouter le tien.
A M. VIOTOK HUGO
sujijift.1
Il laiit, (Uns ee Uês mmà*!, ainer bnmnmft de Pour «avoir, apsès loiit, ce <|u'4ni aime ie Mieux : Uîs bouix»us, l'Océan, le jeu, l'auir des «ieiu.. Les fenuBes, les clie«Mix, les lauriers et les «Mes.
il laut ioMler aux pieds des fleurs à peiue i il laut beaucoup pleucer, 4Ue licaueoup d'adiwtt. Puis le coîur s'aper^t qu'il eit devenu Rt i'«fiet 4|ui s'eu va uous déoouvw les <
1J«^ ces bieiiâ passagers que Tou %QÙAe à deoù, Le meilleur qui uous reste est uu aucieii ami. Oii ut brouille, on se fuit. — (^u'uu basard uous i^assemble.
Ou s'a|i|irocbe, ou sourit, La maiu toucbe la maiu. Kl iiuus uous i>ou>etioiU) que uous uiavcbious eusemble, ^ui- i'âuu' e^t iuuuortelle, et qu'bier c'est deoiaiu.
Àh avril i«4ï<
SONNET A MADAME N. MÉNESSIEB
« i< vous ai vue enfant, maintenant <|oe j*y penif , Fraîche rrwf une rote et le eamr dans lei jmix, — Je voiif ai vn baMbin« bowlear «t pareMmu ; Vous aiflûeE loitl Byron, les pandt wn et la damr.
Ainsi nous revenaient les joun de notre enfiraee, EtDout paritoot d^ lelangafedei vieux; Ce jeune fouvenir riait entre nous deox. Léger oomme un écho, §ti comme l'eipéranoe.
Le lâche craint le temps parce qu'il fait mourir; Il croit son mur gâté lorsqu'une fleur y pousse. 0 voyageur ami, père du souvenir !
C'est ta main consolante, et si sage et si douce, Qui consacre à jamais un pas fait sur la mousse, Le hochet d'un enfant, un regard, un soupir.
Mai it4s.