APRÈS UNE LECTURE
Ton livre est ferme et franc, brave homme, il fait aimer.
Au milieu des bavards qui se font imprimer,
Des grands noms inconnus dont la France est lassée,
Et de ce bruit honteux qui salit la pensée,
Il est doux de rêver avant de le fermer,
Ton livre, et de sentir tout son cœur s*animer.
L*avez-vous jamais lu, marquise? et toi, Lisette? Car ce n'est que pour vous, grande dame ou grisette. Sexe adorable, absurde, exécrable et charmant, Que ce pauvre badaud qu'on appelle un poëte Par tous les temps qu'il fait s'en va le nez au veut. Toujours fier et trompé, toujours humble et rêvant.
ÎIÎ Que nous font, je vous prie, et que pourraient nous faii'e, A nous autres, rimeurs, de qui la grande affaire Est de nous consoler en arrangeant des mots. Que nous fout les sifQets, les cris ou les bravos? Nous cbsintom à tue-tète; U îaulYiVwi «çaaV^vœw^
Nous réonnffp. JinrM fmit. t\ar nu*\€i\\«fc"Hi\tï& '^^ÛSÏ^*
ifUl^î dira ifocliio'iui, U dMMe est im pnnide, Xifuirat nen de rimer avec eiactiuide?
Kt pourquoi mettrait-oa fon fils en pensk», Hî, |Kiur unique juge, après quinze ans d'étude. Oh n*a qu'une cornette au bout d'un cotillon? y Ml suis bien d^lé, c'est mon opinion.
VU \m femmes, J'en conviens, sont assez ignorantes. Ou un dit pas tout liaut ce qui les rend contentes; Kt comme, en général, un peu de fausseté E»t leur plus grand plaisir après la vanité, On m iMSUt, j«r Jiaurd, Irouvw <vu\ lotA lûfeRi\»»^»*. Mêh qu'y voule«-vous faire? cWw oïa\».\«*M.\fe.
APUÈS UNE LECTURE. 231
Vin
Or la beauté, c^est tout. Platon l'a dit lui-même : La beauté, sur la terre, est la chose suprême. C'est pour nous la montrer qu'est faite la clarté. Rien n'est beau que le vrai, dit un vers respecté ; Et moi, je lui réponds, sans crainte d'un blasphème : Rien n'est vrai que le beau, rien n'est vrai sans beauté.
Quand le soleil entra dans sa route infinie, A son premier regard, de c« monde imparfait Sortit le peu de bien que le ciel avait fait; De la beauté l'amour, de l'amour l'harmonie; Dans ce rayon divin s'élança le génie ; Voilà pourquoi je dis que Margot s*y connaît.
Et j'en dirais bien plus si je' me laissais faire.
Ma poétique, un jour, si je puis la donner.
Sera bien autrement savante et salutaire.
C'est trop peu que d'aimer, c^est trop peu que de plaire ;
Le jour où l'Hélicon m'entendra sermonner,
Mon premier point sera qu'il faut déraisonner.
Celui qui ne sait pas, quand la brise étouffée Soupire au fond des bois son tendre et long chagrin, Sortir seul au hasard, chantant quelque refrain. Plus fou qu'Ophélia de romarin coiffée, Plus étourdi qu'un page amouT^vn. ^xHiaV»^ Sur son chapeau cassé jouanV d\i \»si^>\iràk\
Celui qui ae voit pas, dans l'aurm» empourprée, Flotter, les bvas oiii^erts, une ombre idolâtrée ; Celui qui ne sent piM, quand tout est endormi. Quelque diese qui l'aime orcer autour de Ira ; Celui qni B*€ntc&d pas une Yoix épbrée Hnnonrer dans la sduroe et rappeler aqii;
Celui qui n'ti pas Tâmc k tout jamais aimante, Qui n^a pa$ pour lout bien, puur unique liouhour, Diî \tnir IcHtement ptiw-r flou front rêveur î^ur un fraut jeune et frais, ù la Iresse odorante^ Et de seïilir ainsi d'une lètc? chjïrniante La vie et la beauté desi^endre dans son c<Eur j
Celui qui ne sait pss^ durant le.<i nuîls bntlaules Qui font pâlir d'amour rétoile de Vénus, Se lever en sursaut, sans raison, les pieds nus, Marcher, prier, pleurer des larmes ruisselantes. Et devant l'infini joindre des mains tremblantes. Le c(£ur plein de pitié pour des maux inconnus;
Que celui-là rature et barbouille à son aise; Il peut, tant qu'il voudra, rimer à tour de bras. Ravauder Toripeau qu'on appelle antithèse, Et s'en aller ainsi jusqu'au Père-Lachaîse, Traînant à ses talons tous les sots d'ici-bas; Grand hommCt si l'on \cuf, mai* \wyfe\.c, wwi^»&\