LE TREIZE JUILLET
La joie est ici-bas toujours jeune et nouvelle, Mais le cliagi*in n'est vrai qu'autant qu'il a vieilli. •
A peine si le prince, hier enseveli, Commence à s'endormir dans la nuit étemelle ; L'ange qui remporta n'a pas fermé son aile ; Peut-être est-ce bien vite oser parler de lui.
Ce fut un triste jour, quand, sur une civière. Cette mort sans raison vint nous épouvanter. Ce fut un triste aspect, quand la nef séculaire Se para de son deuil comme pour le fêter. Ce fiit un triste bruit, quand, au glas funéraire, Les faiseurs de romans se mirent à chanter.
Nous nous tûmes alors, nous, ses amis d'enfance. Tandis qu'il cheminait vers le sombre caveau, Nous suivions le cercueil eu pensant au berceau ; ^'os pleurs, que nous cachions, n'avaient pas d'élo(yLicvv;«. > ~Wa sou ombre peut-être enleadix \e &\\ewcA ^ui se fit dans nos cœurs awlowr Ae wav VooAie»»-
Maintenant qu'elle vient, plus vieille d'une année,
Réveiller nos regrets et nous frapper au cœur,
11 faut la saluer, la sinistre journée
Où ce jeune homme est mort dans sa force et sa fleur,
Préservé du néant par l'excès du malheur.
Par sa jeunesse même et par sa destinée.
A qui donc, juste Dieu I peut-on dire : A demain ! L'Espérance et la Mort se sont donné la maii^ Et traversent ainsi la terre désolée.
L'une marche à pas lents, toujours calme et voilée ; Sur ses genoux tremblants Tautre tombe en chemin, Et se traîne en pleurant, meurtrie et mutilée.
0 Mort ! tes pas sont lents, mais ils sont bien comptés. Qui donc t'a jamais crue aveugle, inexorable.? Qui donc a jamais dit que ton spectre implacable Errait, ivre de sang, frappant de tous côtés, Balayant au hasard, comme des grains de sable, Les temples, les déserts, les champs et les cités ?
Non, non, tu sais choisir, Par instant, sur la terre, Tu peux sembler commettre, il est vrai, quelque erreur Ta main n'est pas toujours bien sûre, et ta colère Ménage obscurément ceux qui savent te plaire. Épargne l'insensé, reipecle V\m\)0?.vew\, Laisse bl&nthir le vice et UwçwVt \e tsiiVVvswt.