‹ PoésiesChapitre 118 sur 142 · LU 13 JUILLET · texte numérisé non relu

LU 13 JUILLET

Panvi-e prince ! quel rêve à ses derniers iiistauts !

Une heure (qu'est-ce donc qu'une heure pour le Temps ?),

Une heure a détourné tout un siècle. 0 misère 1

Il partait, il allait au camp, presque à la guerre.

Une heure lui restait; il était fils et père :

Il voulut embrasser sa mère et ses eâ&nts.

C'était là que la mort attendait sa victime ;

Il en fut épargné dans les déserts brûlants

Où l'Arabe fuyant, qui recule à pas lents.

Autour de nos soldats, que la fièvre décime , •

Rampe, le sabre au poing, sous les buissons sanglants.

Mais il voulut revoir Neuilly ; ce fut son crime.

Neuilly ! charmant séjour, triste et doux souvenir ! Illusions d'enfants, à jamais envolées I Lorsqu'au seuil du palais, dans les vertes allées, La reine, en souriant, nous regardait courir. Qui nous eût dit qu'un jour il faudrait revenir Pour y trouver la mort et des têtes voilées !

Quels projets nous faisions à cet âge ingénu

Où toute chose parle, où le cœur est k \\w\

Quand f avec tant de force, euX-ou XaAvX. ^«s»^^^^^^'^'^

2ft8 POÉSIES.

Nous croyions l'heure prête et le momeut veuu ; . Nous étions fiers el fous, mais nous avious la France.

XXVUI

Songe étrange 1 il eit mort, et tout s'est endormi. Gomment uie espérance et si juste et si belle Peut-elle devenir inutile et cruelle ?

Il est mort l'an dernier, et son deuil est fini; La sanj^nte masure est changée en chapelle. Qui nous dira le reste, et quel âge a l'oubli .'

Il n'est pas tombé seul en allant à Neuilij.

Sui* neuf que nous étions, marchant en compagnie.

Combien sont morts! — Albert, son jeune et brave ai

Et Mortemart, et toi, pauvre Laborderie,

Qui te hâtais d'aimer pour jouir de la vie,

Le meilleur de nous tous et le premier |)arti !

Si le regret vivait, vos noms seraient célèbres! Amis ! — Que cette sombre et triste déité Qui prête à notre temps sa tremblante clarté Vous éclaire en passant de ses torches funèbres ! Et nous, enfants perdus d'un siècle de ténèbres, Tenons-nous bien la main dans cette obscurité ;

Car la France, hier encor \a ma\\T%s» ^\x movi^^^ A reçu, quoi qu'on dise, wu» aUemX» vtoIou^^>

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