STANCES DE M. CHARLES NODIER
A Bt. ALFRED DE MUSSET
iW lu ta vive Odyssée
Cadencée; J'ai lu tes sonnets aussi,
Dieu merci !
Pour toi seul Taimable Muse,
Qui t'amuse, Réserve encor des chansons
Aux doux sons.
Par le faux goût exilée
Et voilée, Elle va dans ton réduit
Chaque nuit.
Là, penchée à ton oreille
Qui s^éveille, EJJe te berce aux coucevV*
Des beaux ^er».
STANCES DE M. CHAULES NODIEU. 251
Elle sait les harmonies
Des Génies, Et les contes favoris.
Des péris;
Les jeux, les danses légères
Des bergères, Et les récits gracieux
Des aïeux ;
Puis, elle se trouve heureuse,
L'amoureuse, De prolonger son séjour
Jusqu'au jour.
Quand, du haut d'un char d'opale,
L'aube pâle Chasse les chœurs clandestins
Des lutins,
Si l'aurore mal-apprise
L'a surprise.
Peureuse, elle part sans bruit
Et s'enfuit.
Eu exhalant dans l'espace
Qui s'efface
Le soupir mélodieux
Des adieux.
Fuis, fuis le pays morose
De la prose, Ses joumaux el ses romans
Assommants.
Fuis Taldère période
 la mode.
Et Tennui des sots discours,
Longs ou courts.
Fuis les gammes et les mètres
De nos maîtres, Jurés experts en argot
Visigoth.
Fuis la loi des pédagogues
Froids et rogues, Qui soiunettraient tes appas
Au compas.
Mais revieus à la vesprée,
Peu parée, Bercer encor ton ami
Endormi.
Juin I84S.