JR TROIS MARCHES DE MARBRE ROSE
Depuis qu'Adam, ce cruel homme , A perdu son fameux jardin, Où sa femme, autour d'une pomme, Gambadait sans \ertugadin.
Je ne crois pas que sur la terre Il soit un lieu d'arbres planté Plus célébré, plus visité, Mieux fait, plus joli, mieux haute, Mieux exercé dans l'art de plaire, Plus examiné, plus vanté, Plus décrit, plus lu, plus chanté, Que l'ennuyeux parc de Versailles.
0 dieux ! ô bergers ! ô rocailles !
Vieux Satyres, Termes grognons.
Vieux petits ifs en rang d'oignons; 0 bassins, quinconcts, charmilles !
Boulingrins pleins de majesté.
Où les dimanches, tout Tété, Bâillent tant d'honnêtes familles !
Fantômes d'empereurs romains.
'iM> POÉSIES.
l'aies nymphes inanimées
Qui tendez aux passants les mains.
Par des jets d'eau tout enrhumées !
Tourniquets d'aimables buissons,
Bosquets tondus où les fauvettes
Cherchent en pleurant leurs chansons.
Où les dieux font tant de façons
Pour vivre à sec dans leurs cuvettes !
0 nuirronniers ! n'ayez pas peur ;
Que votre feuillage immobile,
Me sachant versificateur,
N*en demeure pas moins tranquille.
Non, j'en jure par Apollon
Et par tout le sacré vallon.
Par vous, Naïades ébréchées,
Sur trois cailloux si mal couchées,
Par vous, vieux maîtres de ballets,
Faunes dansant sur la verdure,
Par toi'même, auguste palais.
Qu'on n'habite plus qu'en peinture,
Par Neptune, sa fourche au poing,
Non, je ne vous décrirai point.
Je sais trop ce qui vous chagrine ;
De Phœbus je vois les effets :
Ce sont les vers qu'on vous a faits
Qui vous donnent si triste mine.
Tant de sonnets, de madrigaux,
Tant de ballades, de rondeaux.
Où l'on célélirait vos merveilles,
Vous ont assourdi \e^ oYvn\W5^*