‹ PoésiesChapitre 134 sur 142 · SUR TROIS MARCHES DE MARBRE ROSE · texte numérisé non relu

SUR TROIS MARCHES DE MARBRE ROSE

Lorsque la pioche et la truelle T'ont scellé dans ce parc boueux, En t'y plantant malgré les dieux, Mansard insultait Praxitèle.

Oui, si tes flancs devaient s'ouvrir, Il fallait en faire sortir Quelque divinité nouvelle.

Quand sur toi leur scie a grincé.

Les tailleurs de pierre ont blessé Quelque Vénus dormant encore. Et la pourpre qui te colore Te vient du sang qu'elle a versé.

Est- il donc vrai que toute chose

Puisse être ainsi foulée aux pieds,

Le rocher où l'aigle se pose,

Gomme la feuille de la rose

Qui tombe et meurt dans nos sentiers?

Est-ce que la commune mère.

Une fois son œuvre accompli.

Au hasard livre la matière.

Gomme la pensée à l'oubli ?

Est-ce que la tourmente amère

Jette la perle au lapidaire

Pour qu'il l'écrase sans façon ?

Est-ce que l'absurde vulgaire

Peut tout déshonorer sur terre

Au gré d'un cuistre ou d'un maçon ?

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