‹ PoésiesChapitre 133 sur 142 · SUR TROIS MARCHES DE MARBRE ROSE · texte numérisé non relu

SUR TROIS MARCHES DE MARBRE ROSE

Celles-là surtout, j'imagine, En vous touchant ne pesaient pas, Lorsque le velours ou Thermine Frôlaient vos contours délicats.

Laquelle était la plus légère?

Est-ce la reine Montespan ?

Est-ce Hortense avec un roman, Maintenon avec son bréviaire.

Ou Fontange avec son ruban ?

Beau marbre, as-tu vu la Vallière ?

De Parabère ou de Sabran, Laquelle savait mieux te plaire ?

Entre Sabran et Parabère Le Régent même, après souper, Chavirait jusqu'à s'y tromper.

As-tu vu le puissant Voltaire, Ce grand frondeur des préjugés.

Avocat des gens mal jugés.

Du, Christ ce terrible adversaire, Bedeau du temple de Cythère, Présentant à la Pompadour Sa vieille eau bénite de cour ?

As-tu vu, comme à l'ermitage , La rondelette Dubarry Courir, en buvant du laitage.

Pieds nus, sur le gazon fleuri ?

Marches qui savez notre histoire, Aux jours pompeux de votre gloire, Quel heureux monde en ces bosquets !

Que de grands seigneurs, deW^'aS&^

Que de duchesses, de caillettes, De talons rouges, de paillettes.

Que de soupirs et de caquets, Que de plumets et de calottes.

De falbalas et de culottes.

Que de poudre sous ces berceaux, Que de gens, sans compter les sots !

Règne auguste de la perruque.

Le bourgeois qui te méconnaît Mérite sur sa plate nuque D'avoir un éternel bonnet.

Et toi, siècle à l'humeur badine.

Siècle tout couvert d'amidon.

Ceux qui méprisent ta farine Sont en horreur à Gupidon !...

Est-ce ton avis, marbre rose ?

Malgré moi, pourtant, je suppose Que le hasard qui t'a mis là Ne t'avait pas fait pour cela.

Aux pays où le soleil brille, Près d'un temple grec ou latin, Les beaux pieds d'une jeune fille, Sentant la bruyère et le thym, En te frappant de leurs sandales, Auraient mieux réjoui tes dalles Qu'une pantoufle de satin.

Est-ce d'ailleurs pour cet usage Que la nature avait formé Ton bloc jadis vierge et sauvage Que le génie e\\\ a\^\m^.î

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