‹ PoésiesChapitre 139 sur 142 · COMPLAINTE DE MINUCCIO · texte numérisé non relu

COMPLAINTE DE MINUCCIO

Va dire, Amour, ce qui cause ma peine, A mon seigneur, que je m'en vais mourir, Et, par pitié, venant me secourir.

Qu'il m*eiH rendu la Mort moins inhumaine.

A deux genoux je demande merci.

Par grâce. Amour, va-t*en vers sa demeure'. Dis-lui comment je prie et pleure ici, Tant et si bien qu'il faudra que je meure Tout enflammée, et ne sachant point l'heure Où finira mon adoré souci.

La Mort m'attend, et s'il ne me relève De ce tombeau prêt à me recevoir.

J'y vais dormir, emportant mon doux rêve ; Hélas t Amour, fais-lui mon mal savoir.

Depuis le jour où, le voyant vainqueur, D'être amoureuse. Amour, lu m'as forcée. Fût-ce un instant, je n'ai pas eu le cœur De lui montrer ma ctî^wXvse ^cMèa^

' Voir, dans le recueil ûea comèAÀii* <^^ \^>a^fc>w^\^ ^ tuléc Carmosine.

COMPLAINTE DE MINUCGIO. S05

Dont je me sens à tel point oppressée, Mourant ainsi, que la Mort me fait peur. Qui sait pourtant, sur mon pâle visage, Si ma douleur lui déplairait à voir ?

De Tavouer je n*ai pas le courage.

'Hélas ! Amour, £Eiis-Iui mon mal savoir.

Pvàs donc. Amour, que tu n'as pas voulu A ma tristesse accorder cette joie, / Que dans mon cœur mon doux seiguenr ait lu. Ni vu les pleurs où mon chagrin se noie, Dis-lui du moins, et tâche qu'il le croie. Que je vivrais, si je ne l'avais vu.

Dis-lui qu'un jour, une Sicilienne Le vit combattre et faire son devoir.

Dans son pays, dis-lui qu'il s'en souvienne. Et que j'en meurs, faisant mon mal savoir.

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