‹ PoésiesChapitre 138 sur 142 · SOUVENIR DES ALPES. 29U · texte numérisé non relu

SOUVENIR DES ALPES. 29U

Le frout incliné vers la ten*e ; L'ardent soleil séchait les lannes de ses yeux.

ÀTengle, inconstante, ô fortune !

Supplice enivrant des amours !

Ote-moi, mémoire importune, Ote-moi ces yeux que je vois toujours !

Pourquoi, dans leur beauté suprême, Pourquoi les ai-je vus briller ?

Tu ne veux plus que je les aime, Toi qui me défends d'oublier !

Comme après la douleur, comme après la tempête. L'homme supplie encore et regarde le ciel.

Le voyageur, levant la tête.

Vit les Alpes debout dans leur calme éternel,

Et, devant lui, le sommet du mont Rose, Où la neige et l'azur se disputaient gaiement;

Si parmi nous tu descends un moment.

C'est là, blanche Diane, où ton beau pied se pose.

Les chasseurs de chamois en savent quelque chose.

Lorsque, sans peur, mais non pas sans danger, A travers la prairie au matin fraîche éclose, On les voit, l'arme au poing, dans ces pics s'engager.

Pendant que le soleil, paisible elÎ0TVkV^V!«,^ Brûle, sans ia dorer, la cité mWatio^e,

Et dans cet horizon, plein de grâce et d'euuui, S'endort de lassitude à force d*avoir lui,

La montagne se montre : — àvospiedsestrabiine; L'avalanche au-dessus. — Ne vous effrayez pas. Prenez garde au mulet qui peut faire un faux pas L'œil perçant du chamois suspendu sur la cime, Vous voyant trébucher, s'en moquerait tout bas.

Un ravin tortueux conduit à la montagne. Le voyageur pensif prit ce sentier perdu ; Puis il se retourna. — La plaine et la campagne, Tout avait disparu.

Le si)ectre du glacier, dans sa pourpre pâlie,

Derrière lui s'était dressé ; Les chansons et les pleurs et la belle Italie

Devenaient déjà le passé.

Un aigle noir, planant sur la sombre verdure Et regardant au loin, tout chargé de souci, Semblait dire au désert : Quelle est la créature Qui vient ici ?

Dyi*on, dans sa tristesse altière.

Disait un jour, passant par ce pays :

« Quand je vois aux sapins cet air de cimetière, Cela ressemble à mes amis. »

ib sont pourlanl beaux, ces v'u^^ W.\vo>iliV

SOUVËNin D£S ALP£S. SOI

Byron, dans ce désert immense ; (uand leurs rameaux morts craquaient sous tes pies, Ton cœur entendait leur silence

^eut-ètre en savent-ils autant et plus que nous, Ws TÎeux êtres muets attachés à la terre, )ui, sur le sein fécond de la commune mère, lorment dans un repos si superbe et si doux.

Nina, ton sourire, Ta Toix qui soupire, Tes yeux qui font dire Qu'on croit au bonheur, —

Ces belles années, Cet douces journées.

Ces roses fonées.

Mortes sur ton cœur...

Nina, ma charmante, Pendant la tourmente, La mer écumaute Grondait à nos yeux ; Riante et fertile, La plage tranquille Nous montrait l'asile Qu'appelaient nos vtnix.

Aimable Italie, Sagesse ou folie,

' Voir^ dans le recueil de* coTfièà\%% At V;i>xX«ax^\».\t\^ tulée ârttine.

Jamais, jamais ne t'oublie

Qui t'a vue un jour !

Toujours plus chérie,

Ta rive fleurie Toujours sera la patrie

Que cherche l'amour.

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