‹ PoésiesChapitre 28 sur 142 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

Est-il donc étonnant quVne fois, à Paris,

Deux jeunes cœurs se soient rencontrés — et compris ?

Hélas ! de belles nuits le ciel nous est avare

Autant que de beaux jours ! — Frère, quand la guitare

Se mêle au veiit du soir, qui frise vos cbeveux.

Quand le clairet vous a ranimé de ses feux,

Oh ! que votre maîtresse, alors surtout, soit belle I

Sinon, quand vous voudrez jeter les yeux sur elle,

Vous sentirez le cœur vous manquer, et soudain

L^instrument, malgré vous, tomber de votre main.

MV

L'auteur du présent livre, en cet endroit, supplie âi lectrice, si peu qu'elle ait la main jolie (Comme il n'en doute pas) , d'y jeter un moment Les yeux, et de penser à son dernier amant. Qu'elle songe, de plus, que Mardoche était jeune, Amoureux, qu'il avait pendant un mois fait jeûne, Que la chambre était sombre, et que jamais baisé Plus long ni plus ardent ne put être posé D'une bouche plus tendre, et sur des mains plus blanches > Que celles que Rosine eut au bout de ses manches.

Car, à dire le vrai, ce fut la Rosina

Qui \>arnt tout h coup, quand \a çwVe. Vç\\\y\\3»..

tHO POÉSIES.

Je ne sais, 6 lecteur ! si notre ami Mardoche

En cette occasion crut sou bien sans reproche,

Mais il en profita. — Pour la table, le thé,

Les biscuits et le feu, ee fut vite apporté.

-— Il pleuvait à torrents. — Qu'ouest bien deux à table!

Une femme ! un souper ! Je consens que le diable

M'emporte, si jamais j*ai souhaité d'avoir

Rien autre chose avant de me coucher le soir.

Lecteur, remarquez bien cependant que Rosine

Était blonde, Tœil noir, avait la jambe fine

Même, hormis les pieds qu'elle avait un peu forts,

Joignait les qualités de l'esprit et du corps.

II paraît donc assez simple et facile à croire

Que son féal époux» sans être d'humeur noire,

Voulilt la surveiller. ^- Peut-être qu'il était

Averti de l'affaire en dessous; le fait est

Que Mardoche et sa belle, au fond, ne pensaient guère

A lui, quand il cria comme au festin de Pierre :

(c Ouvrez-moi I ! — Pechero! dit la dame, je suis Perdue ! . . . Où se cacher, Mardoche ? » Au fond d'un puits, Il s'y serait jeté, de peur de compromettre

< Cette fin est usée, et nous la donnons telle

Par grand éloignement de la mode nonyelle.

MÂRDOGHE. Ul

reiue de son eœur. U ouvrit la fenétiv. atagène eiLoelieBt ! — Riea u*éuit mieitx trouTé. VBÊtb ! H se démit le pied wr «u {«vé. >izarre destin ! ô foHime iaocmilaiifte! nalheureux amant ! plus malheureuse amante ! rès ce coup fatal qu'allez-vous devenir, las! et comment donc cela va-t-il finir?

tout temps les époux, grands dénoueurs de trames,

t mangé les soupers des amants de leurs femmes ;

peut voir pour cela depuis maître GU,Shïr'~^

qu'à Crébilion fils et monsieur de Faublas.

is notre Dijonnais à la face chagrine

;ea la chose mal à propos. — Et Rosine,

B fit-elle? — Elle avait cet air désappointé

e fait une perruche à qui Ton a jeté

Ucieusement une fève arrangée

as du papier brouillard en guise de dragée.

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