‹ PoésiesChapitre 31 sur 142 · Â JULIE · texte numérisé non relu

 JULIE

Va donc voir s'il en reste eucor.

Ta bouche est brûlante, Julie ; Inventons donc quelque folie Qui nous perde l'âme et le corps.

On dit que ma gourme me rentre, Que je n'ai plus rien dans le ventre, Que je suis vide à faire peur ; Je crois, si j'en valais la peine.

Qu'on m'enverrait à Sainte-Hélène, Avec un cancer dans le cœur.

Allons, Julie, il faut t'attendre A me voir quelque jour en cendre, Comme Hercule sur son rocher.

Puisque c'est par tâi que j'expire, Ouvre tf robe, Déjanire, Que je monte sur mon bûcher.

Mars 185S.

À LAURË

Si tu ne m'aimais pas, dis-moi, fille inseusée, Que balbutiais-tu dans ces fatales nuits ? Exerçais-tu ta langue à railler ta pensée ? Que voulaient donc ces pleurs, cette gorgé oppressée, Ces sanglots et ces cris?

Ah ! si le plaisir seul t*arrachait ces tendresses, Si ce n*était que lui qu'eu ce triste moment Sur mes lèvres en feu tu couvrais de caresses CSomme un unique amante

Si l'esprit et les sens, les baisers et les larmes. Se tiennent par la main de ta bouche à ton cœur, Et s'il te faut ainsi, pour y trouver des charmes, Sur l'autel du plaisir profaner le bonheur];

Ah ! Laurette, ah ! Laurette, idole de ma vie. Si le sombre démon de tes nuits d'insomnie Sans ce masque dt feu ne saurait faire un pas. Pourquoi l'évoquais-tu, si tu ne m'aimais pas?

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