‹ PoésiesChapitre 55 sur 142 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

Devant le palais de Frank. La porte est tendue en noir. On dresse un catafiilque»

ElANK, téta en moine et masqué; DEUX SEAVITKURS.

FRANK

OU apporte ici les cierges et la bière, lez-vous surtout que c'est moi qu'on euterre^ ipitaine Frank, mort hier dans un duel, mot, — ni regard, — ni haussement d'épaules ; seul mouvement qui sorte de vos rôles.

y. — Je le veux.

Les servitears s'en vont.

Ëh bien ! juge étemel, l'interroger. Les transports de la fièvre pas mon sein. — Je ne viens ni railler ir la mort. — J'agis sans conseiller.

t réponds-moi. — Je &is comme l'orfévic sur le marbre une pièce d'argent.

: au son la pure fonderie; 7iens savoir quel son rendra ma vie, frapperai sur ce froid mou\mi<eiiX.

parait; — Je soldat sort de& icsiVe»*

Maiuleiiaiit le buis vert cliaate daus le foyer; Les rames du pécheur et du contrebandier Se lèvent, de terreur et d'espoir palpitantes. Quelle agitation, quel bruit dans la cité ! Quel monstre remuant que cette humanité ! Sous ces dix mille toits, que de corps, que d'entrailles I Que de sueurs sans but, que de sang, que de fiel ! Sais-tu pourquoi tu dors et pourquoi tu travailles , Vieux monstre aux mille pieds, qui te crois étemel ? Cet honnête cercueil a quelques pieds, je pense. De plus que mon berceau. — Voilà leur différence. Ah ! pourquoi mon esprit va-t-il toujours devant, Lorsque mon corps agit.^ Pourquoi dans ma poitrine Ai-je un ver travailleur, qui toujours creuse et mine, Si bien que sous mes pieds tout manque en arrivant ? Entre le chœur des soldats et du peuple. LE CHŒUR.

On dit que Frank ^tmort. Quanddonc ? Gomment s'appelle Celui qui l'a tué? —\ Quelle était la querelle? On parle d'un combat. — Quand se sont-ils battus ?

FRANK^ masqué ^ A qui parlez-vous donc? Il ne vous entend plus.

' Il leur montre la bière*

' Frank, durant cette scène, doit déguiser sa voix. Je prie ceux qui la trouveraient Invraisemblable d'aller au bal de TOpéra. Uu de mes amis lit déguiser sa seryante au carnaval et la plaça dans son salon, au milieu d*un bal où personne n'était masqué. On ne lui avait mis qu'an petit masque sans barbe qui ne cachait point la bouche ; et cependant elle dansa presque deux heures entières, sans être reconnue, avec des Jeunes gens à qui elle avait apporté deux cents verres d'eau dans sa vie.

LA COUPE ET LBS LËYHES. 259

LE CHŒUR^ sUncllnant.

in meilleur monde au-dessus de nos tètes, L ! si du séjour des vents et des tempêtes ! sur ces monts plane et Wtige eucor ; deaux de pourpre et ces ardents nuages, sse dans Téther le souffle des oraf^es, . guerriers couchés dans leurs armures d'or, toi, noble cœur, sur ces vertes collines, tes compagnons briser leurs javelines 3 froide terre, où ton corps est resté I

GUNTHER^ accourant, brave et si jeune, et sitôt emporté !

tik ! est-ce bien vrai, messieurs? Ah ! mort funeste ! ae demandais qu*à vivre assez longtemps voir accomplir ta mission céleste !

seul au monde avec mes cheveux blancs ! n'avais de jeune encor que ta jeunesse ! (i*aimais que toi t Misérable vieillesse I verrai plus, mon Frank ! On t'a tué .

FRANK^ à part.

:e vieux Gunther, je l'avais oublié .

LE Cfl(ËUR.

)ile les tambours, que le prêtre s'avance. K, compagnons, tête nile et silence.

Je devant nous la prière des morts, dons au tombeau porter le capitaine, •rt en soldat, sur la terre chrétieuiv^ . >partiént.à Dieu; ramièe auraXe cot^^.

aoo POÉSIES.

TROIS MOINES^ s^avaiiçaut.

Le Seigneur sur Tombre étemelle Suspend son ardente prunelle.

Et, glorieuse sentinelle, Attend les bons et les damnés.

Il sait qui tombe dans sa voie ; Lorsqu^U Jette an néant sa proie, Il dit aux maux qu'il nous envoie :

« Comptez les morts que vous prenez. »

LE CHŒUR> à genoux.

Seigneur, j'ai plus péché que vous ne paixlouue.

LES MOINES

Il dit aux épaisses batailles :

« Comptez vos chefs sans funérailles, Qui pour cercueil ont les entrailles De la panthère et du lion ; Que le Juste triomphe ou fuie.

Comptez, quand le glaive s'essuie, Les morts tombés comme la pluie Sur la montagne et le sillon. »

LE CHŒUR

Seigueur, préservez-moi de la teutatiou.

LES MOINES

« Car un Jour de pitié profonde,

Ma parole, en terreur féconde*

Sur le pôle arrêtant le monde.

Les trépassés se lèveront;

Et des malus vides de Tablme

Tombera la frêle victime.

Qui criera : Grâce I — et de son crime

Trouvera la tache à son front. »

LA COUPE ET LES LÈVRES. Ml

LE CHŒUR

its grinceront ! mes os se sécheront 1

LES MOINES

il vienne d*en bas ou da latte,

•n le dire du prophète,

:ice à chacun sera faite,

si qn*il aura mérité

lonc, gloire à Dien notre père I

*impie a vécu prospère,

i le Juste en son flme espère t

ire à la sainte Trinité I

FRANK^ à part, oiiglerie atroce, en vérité 1 es entends, suprême Intelligence, 3de ils font de leur Dieu de vengeance ! ■eau rancunier, brûlant à petit feu I peur du feu. — C'est bien l'esprit de Rome, ront après que leur Dieu s*est fait homme, lis plutôt rhomme qui 8*est fait Dieu.

LE CHŒUR

i, messieurs, n*est pas encor remplie, pour son âme imploré le pardon, nous connaît l'histoire de sa vie, ice et qu'il parle.

FRANK^ à part.

Ah! nous y voilà donc.

UN OFFICIER^ sortant des rangs, chevaliers, braves compagnons d'armes, lomme au monde a mérité vo& Vvticie.^^ qui n*est phis. — Chaîne fe\»\\, xawv «wvV.

soit de so» i,«isauM>- __ Cet homme <:

A*a jamais été qu*un coureur d'aventure, i fou, risquant sa vie et celle des soldats, .' briguer les honneurs qu'il ne méritait pas. sans titres, sans bien, parti d*ujQe masure, faisait au combat ce. qu'on fait aux brelans, jouait tout ou rien, — la mort ou la fortune. » gens-là bravent tout, — l'espèce en est conununc ; inondent les ports, l'armée et les couvents, oyez-vous que ce Frank valût sa renommée ? l'il respectât les lois? qu'il aimât l'empereur? a vécu huit jours, avant d'être à l'armée , rec la Belcolor, comme un entremetteur, t-il ici quelqu'un qui dise le contraire ?

LES SOLDATS

i foi ! depuis le jour qu'il a quitté son père, est vrai que ledit Frank a fait plus d'un métier. >us la connaissons bien, nous, Monna Belcolore. le couchait chez lui ; — nous l'avons vue hier.

LE PEUPLE

issez parler le moine 1 —

FBANK.

Il a fait pis encore :

a réduit son père à la mendicité, avait besoin d'or pour cette courtisane ;

peu qu'il possédait, c'est là qu*il l'a porté. Idats, que faites-vous à celui qui profane

cendre d'un bon fils et d'un homme de bien ? li mérité la mort, si ce crime est le mien.

LE PEUPLE

i-nou« la vérilé, moine, et parAe î;w\î» cvîCvcAÇ' .

FRANK

Mais si les Tyroliens qui sont dans cette enceinte Trouvent que j'ai raison, ft*ils sont prêts au besoin A foire comme moi, qui prends Dieu pour témoin...

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