‹ PoésiesChapitre 57 sur 142 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

Jetons sa cendre au vent f

L% COrPE ETIRES LE TRES. SR

Aa ^vBt le puricide !

de jarrets, rinccn&ire aa Tmt !

UCMWC lu MnHP.

LE PECPLE ET LES SOUUTS.

MoiiMty k bière est ^îde.

FRANK, se dJMiqnaf.

[ La bière est TÎde? alors c'est ({oe Frank est viTant.

LES S(AJ>ATS.

GapitaiiieY c'est Tons !

FRANK, à roader.

Lieateiiant, votre ^pée.

Vous avez laissé bire une étrange équipée. Si j'avais été mort, où serais-je à présent? Vous ne savez donc pas qu'il y va de la tète? Au nom de l'empereur, monàeur, je vous arrête ; Ramenez vos soldats, et rendez-vous au camp.

Toot 1« monde sort en silence.

FRANK, senl.

C'en est fiiit, — une soif ardente, inextinguible. Dévorera mes os tant que j'existerai.

0 mon Dieu ! tant d'efforts, un combat si terrible. Un dévoûment sans borne, un corps tout l)alafré... Allons, un peu de calme, il n'est pas temps encore. Qui vient de ce câté? n'est-ce pas Beloolore? Ab! ah t nous allons voir; — tout n*est pas fini U.

Il remet flonniaaqQe et recouTrelab\ère.--lAlT«'^ci(A.vc«c^V^'^^ deuil ; elle ra s*agenoolller sur les marches Avl c«i\iLlfi\cv\\«'«

C'est bien elle ; elle approche, elle vient, — la voilà.

Voilà bien ee beau corps, cette épaule charnue,

Cette gorge superbe et toujours demi-nue,

Sous ces cheveux plaqués ce front stupide et fier,

Avec ces deux grands yeux qui sont d'un noir d'enfer.

Voilà bien la sirène et la prostituée ; —

Le type de Tégout ; — la machine inventée

Pour désopiler rhonune et pour boire son sang ; —

La meule de pressoir de l'abrutissement.

Quelle atmosphère étrange on respire autour d'elle !

Elle épuise, elle tue, et n'en est que plus belle.

Deux anges destructeurs marchent à son côté ;

Doux et cruels tous deux, — la mort, — la volupté. —

Je me souviens encor de ces spasmes terribles ; De ces baisers muets, de ces mufles ardeuts. De cet être absorbé, blême et serrant les dents. S'ils ne sont pas divins, ces moments sont horribles. Quel magnétisme impur peut-il donc en sortir ? Toujours eu l'embrassant j'ai désiré mourir.

Ah I malheur à celui qui laisse la débauche Planter le premier clou sous sa mamelle gauche I Le cœur d'un honune vierge est un vase profond : Lorsque la première eau qu'on y verse est impure, La mer y passerait sans laver la souillure, Car l'abîme est immense, et la tache est au fond.

n s'approche du tombeau.

Qui donc pleiu^z-vous là, madame ? êtes-vous veuve ?

BELCOLORE.

Veuve, vous l'avez dit, — de mes seules amours.

FRANK, icr, apparemment, — car cette robe est neuve, une le noir vous sied !

BELCOLORE.

D'hier, et pour toujours.

FRANK

jours, avez-vous dit? — Ahi Monna Belcolore, jours, c'est bien longtemps.

BELCOLORE.

D*oùme connaissez-vous?

• FRANK

Saple, où cet hiver jef te cherchais encore.

le est si beau, ma chère, et son ciel est si doux !

levrais bien venir m'aider à m*y distraire.

BELCOLORE.

le vous remets pas.

FRANK

Bon! tu m*as oublié!

iiis masqué d'ailleurs, et que veux-tu, ma chère ? cœur est si peuplé, je m*y serai noyé.

BELCOLORE.

;ez votre chemin, moine, et laissez-moi seule.

FRANK

! si tu pleures tant, tu deviendras bégueule. ons, ma belle amie, à parler franchement, iras te trouver seule, et tu n'as plus d'amant, capitaine Frank n'avait ni sou ni maille, ait un bon soldat, charmant à la bataille ; ( quel pauvre écolier en matière d'amour l tiinental la nuif, ef persifleur \e jowT.

M» t"''"^''" lu vo«*. '^«= TTsAm^eue l*«r« «; ;^ fei« Ver^doU ^.^, ,, ,

NO.. V^'^» '**'''' ""'"'ï'^'^-w. te •«je »«'*'"'

Haut, plus un ulcère à côté de la bouche ii*a défiguré ; — je suis maigre, et je louche : s ces misères-là ne te dégoûtent pas.

BELCOLORE.

/ ous me faites frémir.

FRANK

J*ai là, Dieu me pardonne, i Certain bracelet d'or qu'il faut que je vous donne ; I II ira bien, je pense, avec ce joli bras.

Il Jette un collier sur la bière.

Cet ulcère est horrible, il m'a rongé la joue, Il m'a brisé les dents. — J'étais laid, je l'avoue, Mais depuis que je l'ai, je suis vraiment hideux : J*ai perdu mes sourcib, ma barbe et mes cheveux.

BELCOLORE.

Dieu du ciel, quelle horreur !

FRANK

J'ai là, sous ma simarre, Un collier de rubis d'une espèce assez rare.

Il Jette on collier sur la bière.

BELCOLORE.

11 est fait à Paris?

FRANK^ à part.

Voyez-vous le poisson.

Comme il vient à fleur d'eau reprendre l'hameçon !

Haut.

Si c'était tout, du moins! Mais cette affreuse plaie Me donne Tair d'un mort traîné sur une claie ; Elle pompe mon sang, mes os sont cariés De la nuque du crâne à la plante des p\Qd&...

-— "^ .» "te t'ai «"•""" !

Tu iw>*« ^ ... «u

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;u, prostituée, ou ton heure est venue ! îD, ne parle pas ! ne te retourne pas !

Il la chasse son poignard à la main* FRANK^ seul.

, ô mon stylet, est belle toute nue une bell« vierge. — 0 mou cœur et mon bras, li donc tremblez-TOUs, et pourquoi l'un de l'autre prochez-Tous donc, comme pour vous unir? lait ma pensée ; — était-ce aussi la vôtre, ice de Dieu, que tout allait finir ?

, morne tombeau, tu m^ouvres ta mâchoire, pectre affamé. Je n'ai pas peur de toi. rai l'amour, la fortune et la gloire ; irois au néant, comme je crois en moi.

le sait bien, qu'il n'est sous la lumière mmortalité, celle de la matière, ière est à Bieu ; — le reste est au hasard. : le vent du nord des cendres de César? be, un grain de blé, mon Dieu, voilà la vie. i, fils du hasard, moi Frank, avoir été

monde, un tout, une forme pétrie, pe où brûlait Tardente volonté, ien, après moi, ne reste sur le sable, bre de mon corps se promène ici-bas ?

is même un enfant, un être périssable !

puisse y clouer la trace de mes pas !

puisse crier d'une voix éternelle {ui tetteront la commune mamelle :

re frère aine, je m*y suis suspen.dvv\ tée aussi, la vivace marâtre ;

Elle m'a, comme à vous, livré sou seiu d'albàti-e...

— Et pourtant, jour de Dieu, si jeTavab moi*du?

Si je Ta vais mordu, le sein de la nourrice ?

Si je l'avais meurtri d'une telle façon

Qu'elle en puisse à jamais garder la cicatrice,

Et montrer sur son cœur les dents du nourrisson ?

Qu^importe le moyen, pourvu qu^on s'en souvienne;

Le bien a pour tombeau l'ingratitude humaine.

Le mal est plus solide : Érostrate a raison.

Empédocle a vaincu les héros de l'histoire.

Le jour qn*en se lançant dans le cœur de l'Etua,

Du plat de sa sandale il souffleta la gloire.

Et la fit trébucher si bien qu'elle y tomba.

Que lui fiiisait le reste? D a prouvé sa force.

Les siècles maintenant peuvent se remplacer ;

Il a si bien gravé son chiffre sur Fécorce

Que l'arbre peut changer de peau sans l'effacer.

Les parchemins sacrés pourriront dans les livres ;

Les marbres tomberont comme des hommes ivres,

Et la langue d'un peuple avec lui s'éteindra.

Mais le nom de cet homme est comme une momie,

Sous les baumes puissants pour toujours endormie.

Sur laquelle jamab l'herbe ne poussera.

Je ne veux pas mourir. — Regarde-moi, Nature.

Ce sont deux bras nerveux que j'agite dans l'air.

C'est dans tous tes néants que j'ai trempé l'armure

Qui me protégera de ton glaive de fer.

J'ai faim. — Je ne veux pas quitter rhôtellerie.

Allons, qu'on se remue, et qu'on me rassasie.

Ou sinon, je me fais l'intendant de ma faim.

ids-y gvnde; je pus. — N'importe le chemin. — tarcheiai, — j^ini, — partout où Tâme humaine eu spectacle, et souffre. — Ah! la haine! la haine! leule passion qui sunrÎTe à Tespoir !

n*as déjà hanté, boiteuse au manteau noir. s nous sonunes connus dans la maison de chaume ; i je ne croyais pas que ton pÂle fantôme, tous ceux qui dans Tair voltigeaient avec toi, être le dernier qui restât près de moi. bien ! baise-moi donc, triste et fidèle amie, vois, j*ai soulevé les voiles de ma vie. — s partirons ensemble; — et toi qui me suivras, une une sœur pieuse, aux plus lointains climats, seras mon asile et mon expérience, ï doute, ce fruit tardif et sans saveur, le dernier qu*on cueille à l*arbre de science, li-je à faire de plus, moi qui le porte au cœur ? loute ! il est partout, et le courant reutraiiie, inceul transparent, que rincrédulité le bord de la tombe a laissé par ])itié cadavre flétri de l'espérance humaine !

siècles à venir ! quel est donc votre sort ? gloire conmie une ombre au ciel est rcniuntét*. ttour n'existe plus ; — la vie est dévastée, — homme, resté seul, ne croit plus qu'à la mort, els que dans un pillage, eu un jour de colère, voit, à la lueur d'un flambeau funéraire, meurtriers, courbés dans un silence affpeux, rger une vierge, et dans ses longs cheveux iger leurs mains de sang ; — la frêle créatuvv^ I. \^

Tombe cumme un roseau sur ses bras mutilés : — Tels les analyseurs égorgeut la nature Silencieusement, sous les cieux dépeuplés.

Que vous restera-t-il, enàmts de nos entrailles, Le jour où vous viendrez suivre les funérailles De cette moribonde et vieille humanité? Ah ! tu nous maudiras, pâle postérité ! Nos femmes ne mettront que des vieillards au monde. Ils frapperont la teiTe avant de s*y coucher ; . Puis ils crieront à Dieu : Père, elle était féconde. À qui donc as-tu dit de nous la dessécher?

Mais vous, analyseurs, persévérants sophistes, Quand vous aurez tari tous les puits des déserts, Quand vous aurez prouvé que ce large univers N'est qu'un mort étendu sous les anatomistes ; Quand vous nous aurez fait de la création Un cimetière en ordre, où tout aura sa place, Où vous aurez sculpté, de votre main de glace, Sur tous les monuments la même inscription ; Vous, que ferez-vous donc, dans les sombres allées De ce jardin muet ? — Les plantes désolées Ne voudront plus aimer, nourrir, ni concevoir ; — Les feuilles des forêts tomberont une à une, — Et vous, noirs fossoyeurs, sur la bière commune Pour ergoter eucor vous viendrez vous asseoir ; Vous vous entretiendrez de l'homme perfectible ; — Vous galvaniserez ce cadavre insensible.

Habiles veimisseaux, quand vous l'aurez rongé ; Vous lui commanderez de marcher sur sa tombe, A celte ombra d'un jour, — jusqu'à ce qu'elle tombe

lue masse iuerte, et que Dieu soit vengé. DUS avez voulu faire les Prométhées ; ^ venus, les mains ensanglantées, et repétrir l'œuvre du Créateur !

(nieux que vous, ce hardi tentateur, faut fiiit son homme, et le voyant sans âme, la tète et demanda le feu.

tre homme était &it ! vous, vous aviez la flamme ! ivez soufflé sur le souffle de Dieu, pris, Dieu puissant, voilà donc la science ! le sagesse est rétemel silence ; aurons réduit, quand tout sera compté, cier de Fàme à l'immobilité, ideux océan est-ce donc que la vie, il faille y marcher à la superficie, au soleil en effleurant les eaux, « Fils de Dieu qui marchait sur les flots ! tnstres effrayants, quels difformes reptiles it donc les mers sous les pieds des nageurs, on trouve toujours les vagues si.trauquilles, eur des morts sur le front deS' plongeurs? issez tndné, cette étemelle histoire : de l'amour, du néant de la gloire, aîàM prodigue auprès de ses pourceaux ! combien de lits, sur combien de berceaux ^enue errer, d'une voix lamentable, aplainte usée et toujours véritable, es insensés que l'espoir a conduit !

à ce Gygès, qui fuyait dans la nuit ne royal de la pâle iMigneuse^

LWrée uu seul iustaut à sou ardent i*egard,

Le jeune ambitieux porte une plaie affreuse,

Tendre encor, mais profonde, et qui saigne à Técart.

Ce qu'il fait, ce qu'il voit des choses de la vie,

Tout le porte, Tentraine à son but idéal.

Clarté fuyant toujours, et toujours poursuivie.

Étrange idole, à qui tout sert de piédestal.

Mais si tout en courant la force l'abandonne,

S'il se retourne, et songe aux êtres d'ici-bas,

Il trouve tout k coup que ce qui l'environne

Est demeuré si loin qu'il n'y reviendra pas. -

C'est alors qu'il comprend l'effet de son vertige.

Et que, s'il ne regarde-au ciel, il va tomber.

Il marche ; — son génie à poursuivre l'oblige ; —

Il marche, et le terrain commence à surplomber. —

Enfin, — mais u'est-il pas une heure dans la vie

Où le génie humain rencontre la folie?

Us luttent corps à corps sur un rocher glissant.

Tous deux y sont montés; mais un seul redescend.

0 mondes, ô Saturne, immobiles étoiles, Magnifique univers, eu est-ce ainsi partout.^ 0 nuit, profonde nuit, spectre toujours debout, Large création, quand tu lèves tes voiles Pour te considérer dans ton immensité, Vois-tu du haut en bas la même nudité? Dis-moi donc, eu ce cas, dis-moi, mère imprudente. Pourquoi m'obsèdes-tu de cette soif ardente. Si tu ne connais pas de source où l'étancher? Il fallait la rréer, marâtre, ou la chercher. L'arlmste a sa rosée, et l'aigle a sa pâture.

loî, que t*ai-je fait pour m'oublier ainsi?

quoi les arbrisseaux n'ont-ils pas soif aussi ?

quoi forger la flèche, étemelle Nature,

1 savais toi-même, avant de la lancer,

tu la dirigeais vers un but impossible,

je le dard, parti de ta corde terrible,

rencontrer Foiseau, pouvait te traverser?

lis cela te plaisait. — C'était réglé d'avance.

le vent du matin ! le souffle du printemps !

le cri des vieillards. — Moi, mou Dieu, j'ai vingt ans !

il si tu vas mourir, ange de l'espérance,

mon cœur, en partant, viens encor te poser;

le-moi tes adieux et ton dernier baiser.

s à moi. — Je suis jeune, et j'aime encor la vie.

cède pour moi ; — demande si les cieux

iiue goutte d'eau pour une fleur flétrie. —

inge, en la buvant, nous mourrons tous les deux.

Il se Jette à genoux ; un bouquet tombe de son sein. ne jette à mes pieds mon bouquet d'églantine? i donc si longtemps vécu sur ma poitrine, re herbe ! -<- C'est ainsi que ma Déidamia le bord de la route à mes pieds te jeta.

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