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/SELVIO, Je crois que notre aliord met ces dames en fiilte. Ah! monseigneur, j'ai peur de klbr avoir déplu.
LAERTE
Bon, bon, laissez*les fuir; vous leur plairez bien vite. Dites*moi, mon ami, dans votre temps perdu, N'avez-vous jamais fait la cour à quelques belles? Quel moyen preniez-vous pour dompter les cruelles.^
Père, ne raillez pas, je me défendrais mal. Bien que je sois sorti d'un sang méridional, Jamais les imbroglios, ni les galanteries. Ni l'art mystérieux des douces flatteries, Ce bel art d'être aimé, ne m'ont appartenu. Je vivrai sous le ciel comme j'y suis venu. Un serrement de main, un regard de clémence. Une laime, un soupir, voilà pour moi l'amour ; Et j'aimerai dix ans comme le premier jour. J'ai de la passion, et n'ai point d'éloquence. Mes rivaux, sous mes yeux, sauront plaire et cbanncr. Je resterai muet; — moi, je ne sais qu'aimer.
LAERTE
Les femmes cependant demandent autre chose. Bien plus, sans les aimer, du moment que l'on ose. On leur plaît. La faiblesse est si chère à leur cœur Qu'il leur faut un combat pour avoir un vainqueur. Croyez-moi, j'ai connu ces êtres variables. Il n'existe, dit-on, ni deux feuilles semblables. Ni deux cœurs faits de même, et moi, je vous promets Qu'en en séduisant une on séduit tout un monde.
e aura les pieds plats, l'autre la jambe roade, la communauté ne ebangera jamais.
-TOUS jamais yu les courses d'Angleterre ? irend quatre coureurs, -^ quatre chevaux sellés ; eur montre un clocher, puis on leur dit : Allex I igit d'arriver, n'importe la manière, choisit un ravin, — l'autre un chemin battu, i-ci gagnera, s'il ne rencontre un fleuve ; i-là fera mieux, s'il n'a le cou rompu, îst l'amour, Silvio ; — l'amour est une épreuve ; it aller au but, — la femme est le clocher, ez garde au torrent, prenez garde au rocher ; » ce qui vous plaît, le but- est immobile, croyez que c'est prendre une peine inutile de rester en place et de crier bien fort : her ! clocher I je t'aime, arrive ou je suis mort.
ns la vérité de votre parabole, si je ne puis rien trouver même en parole
pourrai-je valoir, seigneur, en action ? le réel pour moi n'est qu'une fiction ;
lis dans un salon comme une mandoline
iée en passant sur le bord d.-un coussin.
renferme en elle une langue divine, si son maître dort, tout reste dans son sein.
LÂERTE.
itez donc alors ce qu'il vous faudra faire, voir un mari de la main de son père,
une jeune fille est un pauvre régal.
un serpent doré qu'un anneau conjii^&l.
C'est dans les nuits d'été, sur une mince échelle, Une épée à la main, un manteau sur les yeux, Qu'une enfant de quinze ans rêve ses amoureux. Avant de se montrer, il &ut leur apparaître. Le père ouvre la porte au matériel époux, Biais toujours l'idéal entre par la fenêtre. Voilà, mou cher Silvio, ce que j'attends de vous. Connaisez-vous l'escrime?
Oui, je tire l'épée.
LAERTE
Et pour le pistolet, vous tuez la poupée,
N'est-^e pas? C'est très-bien; vous tuerez mes valets.
Mes filles tout à l'heure ont reçu deux, billets;
Ne cherchez pas, c'est moi qui les ai fait remettre.
Ah ! si vous compreniez ce que c'est qu'une lettre !
Une lettre d'amour lorsque l'on a quinze ans !
Quelle charmante place elle occupe longtemps !
D'abord auprès du cœur, ensuite à la ceinture.
La poche vient après, le tiroir vient enfin.
Mais conmie on la promène, en traîneaux, en voiture !
Comme on la mène au bal I que de fois en chemin
Dans le fond de la poche on la presse, ou la serre !
Et comme ou rit tout bas du bonhomme de père
Qui ne voit jamais rien, de temps immémorial !
Quel travail il se fait dans ces petites tètes !
Voulez-vous, mon ami, savoir ce que vous êtes !
Vous, à l'heure qu'il est? — Vous êtes l'idéal,
Le prince Galaor, le berger d'Arcadie ;
Vous êtes un Lara ; —j'ai signé votre nom.
^^JiJl RÊVENT LES JELNES FILL
vieux duc vous prenait pour son gendre, — mai n ! Vous tombez du ciel comme une tragédie ; us rossez mes yalets ; tous forcez mes verrous ; us caressez le chien ; vous séduisez la fille ; us £sdtes le malheur de toute la Êimille. ilà ce que Ton veut trouver dans uu époux.
elle mélancolique et déchirante idée !
e est juste pourtant; — qu'elle me £ait de mal !
LAERTE
I jeune honmie, avez-vous aussi votre idéal ?
iirquoi pas conmie tous P Leur étoile est guidée rs un astre inconnu qu'ils ont toujours rêvé ; la plupart de nous meurt sans l'avoir trouvé.
LAERTE
chez-vous du prix à des enfantillages ? n'empêche pas les femmes d'être sages, %, franches de cœur; c'est un goût seulement ; eur va, leur plaît, — tout cela, c'est charmant, z-moi, Silvio : — ce soir, à la veillée, )us cuirasserez d'un large manteau noir. )rmira bien, c'est moi qui l'ai payée, es, pour leur part, descendront en peignoir, /ous doutez bien, par cette double lettre, e vous vouliez, c'était un rendez-vous, té cela, que veut un billet doux ?
rerez donc parla chère fenêtre, roduira comme un conspirateur.
>us alors, vous, double séducXevw?
3oe POÉSIES.
Vous entendrez des cris. — ^C'est alors que le père,
Semblable au comniandeur dans le Festin de Pierre^
Dans sa robe de chambre apparaîtra soudain.
Il vous provoquera, sa chandelle à la main. .
Vous la lui soufflerez du vent de votre épée.
S'il ne reste par terre une tête coupée,
Il y pourra du moins rester un grand seau d'eau,
Que Flora lestement nous versera d'en haut.
Ce sera tout le sang que nous devrons répandre.
Les valets aussitôt le couvriront de cendre ;
On ne saura jamais où vous serez passé,
Et mes filles crieront . » 0 ciel ! il est blessé ! m
Je n'achèverai pas cette plaisanterie.
Calculez, mou cher duc, où cela mènera. Savez-vous, puisqu'il faut enfin qu'on nous marie. Si je me fais aimer, laquelle m'aimera }
LAERTE
Peut-être toutes deux, n'est-il pas vrai, mon gendre ? Si je le trouve bon, qu'avez-vous à reprendre ^ 0 mou fils bieu-aimé ! laissons parler les sots.
On a bouleversé la terre avec des mots.
LAERTE
Eh ! que m'importe, à moi ? — Je n'ai que vous au monde Après mes deux enfants. Que me fait un brocard .' Vous êtes assez mûr sous votre tête blonde Pour porter du respect à l'honneur d'un vieillard.
Ah ! je mourrais plutôt. Ce n'est pas ma pensée.
LAERTE
iposons que des deux vous vous fassiez aimer, le qui restera voudra vous pardonner, re, image, Silvio, sera bientôt chassée
un rêve nouveau, par le premier venu, lyez-moi, les enfants n'aiment -que Tinconnu.
que vous deviendrez le bourgeois respectable i viendra tous les jours s'asseoir à déjeuner, on verra se lever, aller et retourner, tre après le café ses coudes sur la table, ne cherchera plus Tétre mystérieux;
aimera le frère, et c'est ce que je veux.
non sot de neveu parle de mariage,
l'en détestera quatre fois davantage,
st encor mon souhait. Mes enfants ont du C(pnr ;
ne soit votre femme, et l'autre votre sœur.
ne confie à vous, — à vous, fils de mon frère ,
serez le mari d*une de mes enfants,
ne souillerez pas la maison de leur père, ]ui ne jouerez pas avec ses cheveux blancs
sait? peut-être un jour ma pauvre délaissée uvera quelque part le mari qu'il lui faut.
s l'importante affaire est d'éviter ce sot.
Iras entre.
IRUS
ouper! à souper! messieurs, l'heure est passée
LÂERTE.
is avez. Dieu me damne, encor changé d'habit.
IRUS
, celui-là va mieux; l'autre était trop \^eUV.
Rxeunt.