‹ Poésies choisies a l'usage des classes. Publiées avec une notice biographique et des notesChapitre 29 sur 70 · LA JEUNE TARENTINE · texte numérisé non relu

LA JEUNE TARENTINE

Pleurez, doux alcyons'! q vous, oi5e£iux sacrps. Oiseaux chers è^ Thélis, 4oux alcyons, pleure^ !

1. Ces vers sont imités d'un passage des Métamorphoses d'Oridc.

2. Cette touchante élégie & été inspirée à André Chénier par cette épiçi'anirne funéraire de l'Anthologie grecque, due à Xénocrite de Rhodes : >< Tes chevtux ruissellent encore, infortunée jeune fille, ô Lysidice, pauvre naufragée morte au sein de l'onde amère. Comme les flots bondissaient furieux, épouvantée par la violence de la mer, tu tombas au dehors du navire; et maintenant sur un tombeau on lit ton nom et celui de Cymé. ta patrie, mais tes restes ont été emportés sur une plajro glacée. Douleur amère pour ton père Aristomaque qui, t'accompagnant chez ton époux, ne lui a mené ni une fiancée, ni un cadavre. »

3. Oiseaux consacrés à Thétis, dont l'apparition sur les flots présageait le calme.

Elle a vécu, Myrto, la jeune Tarentîne! Un vaisseau la portait aux bords de Camarine* : Là, l'hymen, les chansons, les flûtes, lentement Devaient la reconduire au seuil de son amant. Une clef vigilante a, pour cette journée, Dans le cèdre enfermé sa robe d'hyménée, Et l'or dont au festin ses bras seraient parés, Et pour ses blonds cheveux les parfums préparcs. Mais, seule sur la proue, invoquant les étoiles, Le vent impétueux qui soufflait dans les voiles L'enveloppe : étonnée et loin des matelots, Elle crie, elle tombe, elle est au sein des flots.

Elle est au sein des flots, la jeune Tarentîne! Spn beau corps a roulé sous la vague marine. Thétis, les yeux en pleurs, dans le creux d'un rocher, Aux monstres dévorants eut soin de le cacher. Par ses ordres bientôt les belles Néréides L'élèvent au-dessus des demeures humides, Le portent au rivage, et dans ce monument I/ont au cap du Zéphyr déposé mollement -; Puis de loin, à grands cris appelant leurs compriQ:nes, Et les nymphes des bois, des sources, des montagnes, Toutes, frappant leur sein et traînant un long deuil, Répétèrent, hélas ! autour de son cercueil :

« Hélas ! chez ton amant tu n'es point ramenée; Tu n'as point revêtu ta robe d'hyménée ; L'or autour de tes bras n'a point serré de nœuds; Les doux parfums n'ont point coulé sur tes cheveux. »

i. Ville de Sicile.

2. Le promontoire Zephyrium, siluc à la pointe méridionale du Rnitiuro.

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