‹ Poésies choisies a l'usage des classes. Publiées avec une notice biographique et des notesChapitre 37 sur 70 · SUR LA MORT D'UN ENFANT · texte numérisé non relu

SUR LA MORT D'UN ENFANT

L'innocente victime, au terrestre séjour, ><''a vu que le printemps qui lui donna le jour. Rien n'est resté de lui qu'un nom, un vain nuage. Un souvenir, un songe, une invisible image. Adieu, fragile enfant échappé de nos bras; Adieu, dans la maison - d'où l'on ne revient pas. Nous ne te verrons plus, quand de moissons couverte La campagne d'été rend la ville déserte ; Dans l'enclos paternel nous ne te verrons plus. De tes pieds, de tes mains, de tes flancs demi-nus,

1. Le poète retrouve à propos dans sa mémoire le souvenir de quelques vers d'Euripide dans son Iphif/énie en Tauridc : « Et mainfenanf. ôtraniirro. «nr ces bords inhospitaliers, j'habite un séjour odieux, sans épou», sans enfants, sans patrie, sans amis. »

i. La maison céleste.

Presser l'herbe ei les fleurs dont les nymphes de Seine

Couronnent tous les ans les coteaux de Lucienne ^

L'axe de l'humble char à tes jeux destiné,

Par de fidèles mains avec toi promené,

Ne sillonnera plus les prés et le rivage.

Tes regards, ton murmure, obscur et doux langage,

N'inquiéteront plus nos soins orficieux;

Nous ne recevrons plus avec des cris joyeux

Les efforts impuissants de ta bouche vermeille

A bégayer les sons offerts à ton oreille.

Adieu, dans la demeure où nous nous suivrons tous,

Où ta mère déjà tourne ses yeux jaloux -,

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