‹ Poésies choisies a l'usage des classes. Publiées avec une notice biographique et des notesChapitre 64 sur 70 · A VERSAILLES · texte numérisé non relu

A VERSAILLES

0 Vcrsaille, ô bols, ô portiques, Marbres vivants, berceaux antiqu33; r ^^

1. CeUc ode, dont nous n'avons pu donner ici que qaeu|«o« strophes, est un des morceaux les plus beaux qui soient sortis de la pluino d'André Chénicr. Elle fut composée dans le courant de 1793.

Par les dieux et les rois Elysée embelli,

A ton aspect, dans ma pensée, Comme sur l'herbe aride une fraîche rosée, - ■- ■--

Coule un peu de calme et d'oubli.

Paris me semble un autre empire,

Dès que chez toi je vois sourire Mes pénates secrets couronnés de rameaux,

D'où souvent les monts et les plaines Vont dirigeant mes pas aux campagnes prochaines,

Sous de triples cintres d'ormeaux.

Les chars, les royales merveilles,

Des gardes les nocturnes veilles.

Tout a fui ; des grandeurs tu n'es plus le séjour :

Mais le sommeil, la solitude, Dieux jadis inconnus, et les arts et l'étude,

Composent aujourd'hui ta cour.

Ah! témoin des succès du crime.

Si l'homme juste et magnanime Pouvait ouvrir son cœur à la félicité,

Versailles, tes routes fleuries, Ton silence, fertile en belles rêveries,

N'auraient que joie et volupté.

Mais souvent tes vallons tranquilles,

Tes sommets verts, tes frais asiles, Tout à coup à mes yeux s'enveloppent de deuil :

J'y vois errer l'ombre livide D'un peuple d'innocents qu'un tribunal perfide

Précipite dans le cercueil ^

1. Allusion ativ massacres des prisonniers qui curent lieu à Vursuillcs daus Id mois de septembre 1792.

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