‹ Poésies choisiesChapitre 11 sur 38 · I .e Jardin qu'elle orna l'oublie · texte numérisé non relu

I .e Jardin qu'elle orna l'oublie

Elle y fut morte en peu de jours.

Si dans l'autre on l'avait cueillie :

Poète, elle vivrait toujours.

Mai 1862.

La Couronne du Mort.

A la mémoire de mon second fils Charles, mort à cinq ans en août 1850.

O pauvre petit, te voilà qui dors,

Hélas! te voilà qui sommeilles, Livrant au silence profond des morts

Tes lèvres hier si vermeilles.

O pauvre petit, te voilà qui dors,

Plus morne et plus froid qu'une pierre,

Les noires ténèbres où sont les morts Remplissent de nuit tes paupières.

d'André van Hasselt 121

Tes yeux, les voilà pour toujours éteints, Tes yeux qui disaient tant de choses ;

Tes traits, les voilà pour toujours déteints, Hélas! et tes lèvres sont closes.

Pourtant, comme hier tu jouais gaîment,

Courant dans la verte prairie, Faisant de ses fleurs ton bouquet charmant

Pressant ta couronne fleurie!

O pauvre petit, sur ton front pâli,

Tu portes encor ta couronne, Qui mêle au jasmin par tes doigts cueilli

Les frêles asters de l'automne.

Les fleurs ont perdu leur éclat vermeil, Les fleurs se sont toutes fanées,

Et toi tu commences ce lourd sommeil Qu'on dort de bien longues années.

Voilà qu'au sépulcre on va te coucher

Avec ta couronne fleurie.

Hélas ! et ta mère t'ira chercher

Longtemps dans la verte prairie.

12 août 1850.

Rêverie en Mer.

La mer dans son sein qui déferle, La mer dans son flot va roulant La nacre où tu brilles, ô perle, Joyau de l'abîme hurlant.

122 Poésies choisies cf. Indre van Hassclt

La nuit; de splendeurs diaprée, Et d'astres et d'astres encor, Emaille sa voûte azurée.

Etoiles, de votre trésor.

Pourtant, océans, d'où les voiles Regardent sans cesse le ciel, Nuits mornes et pleines d'étoiles.

Je sais un trésor plus réel.

La nuit a des astres dont l'ombre S'éclaire du soir jusqu'au jour ; La mer a des perles sans nombre ; Plus riche, mon cœur a l'amour.

Mai 1858.

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