Tout ///f/rquis — veut avoir — des pages
ou un agrégat de quatre pieds, de cette façon :
1. 3. 5. 8. Tombe. — tom^v — feuilfe èphè — mère. 1. 3. 6. 8. Cancres, — hères et — pauvres — diables.
d'André van Hasselt 209
1. 4. 6 8. Rien que la — mort n'è — tait ca — pab/e. 2.4.6 8. Un bloc — de mar — bre t!tait — si beau.
Qu'un sta — tuai — re en fit — /V/wplette.
Ces indications suffisent pour justifier et expliquer la nouvelle classification que nous préconisons des Etudes rythmiques d'André van Hasselt. C'est celle qu'il eût appliquée s'il avait eu le temps d'achever son œuvre. Il aurait ainsi exposé ses vers à trois accents ou tripodies (5 à 9 svllabes): ses vers à quatre accents ou tétrapodies (7 à 12 syllabes): ses vers à cinq accents ou pentapodies (9 à 15 syllabes); ses vers à six accents ou hexapodies (11 à 18 syllabes). Les grands vers des Études rythmiques reposent généralement sur quatre accents. Les pentapodies et les hexapodies y sont des plus rares. André van Hasselt n'a dépassé qu'une seule fois la borne traditionnelle de douze syllabes. Cette infraction aux règles des manuels de prosodie se trouve dans une imitation d'hexamètres antiques : Actéon à Diane.
Les lacunes que le respect de l'usage a laissées subsister dans les grands vers des Etudes rythmiques embrassent de la sorte la plupart des quarante-huit coupes pentapodiques comprises entre les notations 1. 3. 5. 7. 9. et 3. 6. 9 12. 15. et la presque totalité des quatre-vingt seize coupes héxapodiques comprises entre les formules 1. 3. 5. 7. 9. 11. et 3. 6. 9. 12. 15. 18. Il y a là tout un vaste domaine inexploré. Ces solutions de continuité sont d'autant plus regrettables que, par les nombreuses variétés de leurs articulations, les grands vers échappent plus complètement que les autres au reproche que l'on a parfois adressé au vers rythmique en général de tomber dans la monotonie à cause de la périodicité de ses accents. De même que les monorimes deviennent fatigants à la longue par le martellement d'une sonorité identique, de même les monorythmes peuvent, il est vrai, devenir monotones par le retour de la même accentuation. Mais la faute n'en est pas à l'instrument, puisque le virtuose possède les moyens de varier ses combinaisons à l'infini.
2io Poésies choisies
Dans notre ouvrage mentionné plus haut, nous avons établi qu'il n'existe pas de discordances entre les différentes espèces de vers, quel (pic soit le nombre de syllabes dont ils sont composts. Nous avons expliqué en même temps par quel procédé André van Hasselt concilie les accouplements les plus hétérogènes, celui, par exemple, de vers de nombre impair de syllabes avec ceux d'un nombre pair.
Par sa souplesse et sa variété, le vers rythmique satisfait ainsi à toutes les réquisitions de la pensée, comme il répond par son harmonie à toutes 1rs exigences de l'art. Tandis que- Théodore de Banville disait : La rime est tout le vers, André van Hasselt a introduit dans la poésie française un autre élément de la mesure que la sonorité de la rime ou de l'assonance. 11 a préparé ainsi la venue du jour où l'on pourra dire: Le rythme est tout le vers. 1 )e ce ji >ur OÙ, comme nous l'écrivait M. Gaston Paris, dont le nom fait autorité en beaucoup de choses et notamment en matière d'accentuation, « la routine et l'inertie cesseront de dominer nos versificateurs, car ils essaieront, au lieu de sacrifier à une tradition machinale, de retremper le rythme à ses vraies sources »
André van Hasselt, mort trop prématurément pour avoir le temps de codifier dans un ouvrage définitif ses idées et ses innovations, a eu un disciple remarquable dans la personne de Jules Abrassart (i), un excellent poète de Belgique. Dans la notice mise en tête des œuvres posthumes de ce dernier, M. Ferdinand Loise, s'est exprimé ainsi à son sujet : « Pour se préparer au grand art dont il allait être le principal représentant, il se mit à étudier les poètes de l'Allemagne qu'il voulait traduire en suivant la cadence de leurs vers et il devint le disciple de van Hasselt dans ses études rythmiques....
i\) Jules Abrassart né à Pâturages dans le Hainaut, le 20 mai 1826, est mort à Louvain le 11 juin 1893. Son œuvre poétique a été publiée en plusieurs volumes à Liège, par son fils Maurice. Dans notre pensée, c'est un des poètes français de Belgique, décèdes, indiqués pour entier dans notre Collection, jouant ici le rôle d'un Louvre littéraire pour les auteurs disparus.
d'André van Hassclt 21 ]
Prendre la tonique pour centre de gravité des pieds du vers et la mettre à place fixe ou la renouveler selon les besoins de l'inspiration même, c'est une trouvaille qui amène toute une révolution dans la poésie française. Au lieu de ne compter que les syllabes et d'imposer un repos à l'hémistiche, comme on le faisait dans le système classique consacré par Malherbe et Boileau, tout repose désormais sur l'accentuation qui affecte la dernière syllabe des mots à terminaison masculine et la pénultième des mots à terminaison féminine... Banville mettait tout le vers dans la rime. Désormais, il sera surtout dans le rythme, et la rime sera ce qu'elle doit être : l'élément indicateur de la fin du vers, plus encore qu'une indispensable condition d'harmonie. Musicalement, c'est un progrès considérable. Aussi voyez le succès de Jules Abrassart dans ses adaptations rythmiques comme dans ses cantates de l'Océan et de la Dernière bataille couronnées par l'Académie royale de Belgique et mises en vers flamands par Emmanuel Hiel. J'appelle également l'attention sur la règle de l'hiatus que l'auteur rejette comme arbitraire et funeste dans le sens absolu où l'entendait l'école classique. Il est certain, par exemple, que si les mots poésie, aérien, Iliade, sont harmonieux, malgré leurs hiatus internes, on peut dire : ô étranger, çà et là, il y a. Est-ce que la langue italienne, si harmonieuse, fait ainsi la grimace devant la rencontre des voyelle^ qui accourent d'elles-mêmes sur son chemin ? » (1)
11. Cette judicieuse citation appartient à l'un des hommes qui en Belgique, ont le plus et le mieux travaillé à mettre en valeur la poésie en général et la langue française en particulier. Auteur d'un ouvrage extrêmement remarquable, en trois volumes, sur l'Histoire de la poésie dans l'Antiquité, en France et en Italie, d'un grand nombre d'écrits excellents, notamment d'un traité à méditer longuement, sur les Lois dit style, M. Ferdinand Loise, membre de la classe des lettres de l'Académie royale de Belgique, possède une légitime notoriété dans toutes ces questions de haute critique littéraire.
Un autre maître éminent de la langue française en Belgique, M. l'abbé The> s, préfet des Humanités modernes, à l'Institut de La Bouvière, dans le Hainaut, auteur d'un volume considérable et parfait sur la Métrique de Victor li écrit récemment : « Oui, toutes les alliances de mètres sont légitimes, à condition
André van Haselt a eu un autre disciple éminènt, en Suisse, dans la personne de M. Edouard Tavan, l'excellent poète genevois des Fleurs de Rêve. Jugeant avec raison les Etudes rythmiques trop délaissées et voyant les Jeunes, plus ou moins las des mètres consacrés et des règles traditionnelles, les remplacer par l'anarchie la plus absolue, il a voulu voir si le système de van Hasselt permettait des vers de 9, il, 13 et 14 syllabes, plus supportables ;i l'oreille que les lignes de prose bâtarde des verslibristes. 11 a composé en conséquence des vers rythmiques dans lesquels, à l'exemple de son modèle, il a observé toutes les règles de la rime et de la prosodie ordinaire. Ces essais ont été goûtés d'une très petite élite; ils n'ont eu que fort peu de succès, avoue M. Edouard Tavan lui-même, auprès des poètes actuels et des critiques. Ces derniers se sont obstinés à y voir une résurrection des tentatives d'Antoine de Baïf, bien qu'ils fussent basés sur l'accent tonique, et non pas sur la
toutefois que 1 on y observe les équidistances des accents rythmiques et leur allure propre. Il s a«it toujours d arriver par la strophe, si courte soit-elle, à un multiple musical de l'unité de mesure. » {Revue des Cens de lettres belges, livraison de juillet 1901, p. 31), Nous ajouterons avec M. l'abbé Theys qu'il est bien inutile pour cela de recourir, comme le prétendent les verslibristes, .\ leur pseudo-vers libre qui n'est que de la prose plus rythmée (et pas toujours!), mais sans cadence mesurée. Les Terslibristes ne sont pas des poètes. Dans son admirable notice sur Baudelaire, composée en février 1868, le maître impeccable Théophile Gautier a écrit ces lignes qui constituent une véritable vision de ce qui se passe actuellement : « La question de métrique, dédaignée par tous ceux qui n'ont pas le sentiment de la forme, et ils sont nombreux aujourd'hui, a été à bon droit jugée comme très importante par l'auteur des Fleurs du Mal. Rien de plus commun, maintenant, que de prendre le poétique pour la poésie. Ce sont des choses qui n'ont aucun rapport. Fénelon, J. J. Rousseau, Bernardin de Saint-Pierre, Chateaubriand, George Sand, sont poétiques, mais ne sont pas poètes, c'est-à-dire qu'ils sont incapables d'écrire en vers, même en vers médiocres, faculté spéciale que possèdent des gens d'un mérite bien inférieur à celui de ces maîtres illustres. Vouloir séparer le vers de la poésie, c'est une folie moderne qui ne tend à rien de moins que l'anéantissement de lart lui-même. »
Georges Barral.
d'André van Hassclt 213
quantité de syllabes. Il y a de cela quelques années ; aujourd'hui, nous pensons qu'il n'en serait plus de même.
Dans la série de poésies ajoutées à la présente étude, et choisies dans les deux cent cinquante pièces éparses publiées par van Hasselt, nous avons adopté la distribution par nombre de syllabes, depuis deux jusqu'à seize. Mais il va de soi, que si l'auteur avait pu achever son entreprise, il eût fixé un tout autre classement, par rythmes et par sonorités. André van Hasselt, pour indiquer les diverses coupes de ses vers, ayant fait un usage constant des signes conventionnels employés dans les traités de prosodie latine (u brève — longue), nous avons cru devoir conserver ce mode de notation, bien que Y accentuation des langues modernes diffère essentiellement de la quantité des langues anciennes.
L'Attente.
L'azur Si pur Joyeux Des cieux Ruisselle.
Dans l'air Si clair Un chant Touchant M'appelle.
Aussi Voici
Vers de 2 syllabes.
Printemps :
J'attends Ma belle.
Refrain Serein
Des nids Bénis, Résonne !
Clarté, Gaîté Du pur Azur,
Rayonne !...
Mais rien Ne vient Là-bas.
Hélas !
Personne.
Amour, Vrai jour Et fleur Du cœur Si belle, Au fond Profond Des bois Ta voix M'appelle.
Moment Charmant !
d'André van Ha s sel t 215
Mais chut!
Mon luth, C'est elle.
L'Eglantine.
Vers de 3 syllabes alternant avec des vers de 11 syllabes.
uu — u — uu — </u — u uu — u
Sous les verts sapins, la pervenche est éclose,
La pervenche.
Le printemps rayonne; à l'hiver il propose
Sa revanche.
Ce matin, j'ai vu l'églantine en toilette
Rose et blanche, Ecoutant chanter la joyeuse fauvette
Sur sa branche.
Nous irons entendre l'oiseau qui prélude
Sous la feuille. Quand on est à deux, l'églantine est moins prude...
On la cueille!
Le Collikk de Larmes.
Vers de 4 syllabes alternant avec des vers de 12 syllabes.
uu — uvj — uu — \jyj — \j — \J — «j
Que de pleurs ont coulé de vos yeux, de vos cœurs,
O Tasse ! ô Dante !
Car vous mîtes tous deux dans vos rythmes vainqueurs
Votre âme ardente.
Que de pleurs ont coulé de vos cœurs, de vos yeux,
O grandes ombres!
Les étoiles ont moins de rayons dans les cieux
Profonds et sombres.
Vous avez parsemé de ces pleurs radieux
Les nuits sereines, Et ces perles feraient des écrins merveilleux
A bien des Reines.
J'en ferai pour ma belle un collier, un joyau
Où l'or abonde, Et personne jamais n'en aura de plus beau,
Personne au monde !
d'André van Hasselt 21*]
Chanson de Printemps.
Vers de 5 syllabes.
v — \jyj —
Les fleurs sont écloses, Les fleurs du printemps.
Hélas ! mais les roses Ne durent qu'un temps.
O terre des hommes, Où rien n'est certain !
Comme elles nous sommes Des fleurs d'un matin.
La rose s'effeuille Sous l'aile des vents.
La tombe recueille Le bruit des vivants.
Tout passe, tout change; La nuit suit le jour ; Tout meurt, ô mon ange, Mais non mon amour.
Sir la Tombe des Braves.
Vers de 5 et de «syllabes.
kj — yjyj — u \j — u — u — u — u — u — o nj — u — <j —
O braver, ô braves, Dormez en paix, dormez.
O cœurs sereins et graves !
O cœurs de fer armùx
La tombe, la tombe Pour vous n'a rien d'obscur.
A nous la nuit qui tombe, A vous le ciel d'azur.
L'histoire, l'histoire Qui sait vos noms fameux, Nous dit : « Ils ont la gloire ; Vivants, mourez comme eux! »
Patrie, ô patrie, Qu'un jour ton vieux beffroi Dans l'air s'ébranle et crie :
« Les morts viendront à toi. »
Belgique, Belgique, Eux seuls auront du cœur.
Pour eux ton cri magique Sera l'appel vainqueur.
d'André van Hasselt 219
Nous sommes, nous sommes Bien plus morts que tes morts ; Eux seuls seront des hommes, Eux seuls' seront les forts.
Le Soldat de la Vieille Garde.
Vers de 7 et de 5 syllabes.
u — uu — u — u
u — uu — u —
u — uu — u — u
uu — u —
Soldat de la Vieille Garde, Longtemps éprouvé du sort, Je pleure. O mon Dieu, regarde !
L'Empereur est mort !
Brûlé du soleil du Caire, Glacé par les froids du Nord, J'ai fait vingt-cinq ans la guerre.
L'Empereur est mort !
Acteur de la grande Histoire De l'Homme sublime et fort, J'en garde ma part de gloire.
L'Empereur est mort.
Dix ans, j'ai porté son Aigle, Toujours avec lui d'accord,
Nous sommes tous deux eu règle.
L'Empereur est mort !
Son astre éclairait la terre.
Hélas! et voilà qu'il dort!
Clairons, vous pouvez vous taire.
L'Empereur est mort!
Débris de combats sans nombre,
Que suis-je après tant d'effort ?
Un spectre vivant, une ombre.
L'Empereur est mort !
Mes yeux sont usés de larmes.
O tombe, ouvre-moi ton port.
Je veux y jeter mes armes.
L'Empereur est mort !
15 août 1858.
Le Livre de la Vie.
Vers de 8 syllabes.
UVJ — V — U<J — u
Mes amis la vie est un livre Que chacun écrit de sa main, Dont on voit les feuilles se suivre Et qui joint hier à demain.
d'André van Hasse/t 221
On y roule en grand équipage, On y va traînant le boulet ; Chaque jour en trace une page, Chaque jour en tourne un feuillet.
Chaque année en forme un chapitre Plus ou moins rempli ; — puis enfin Le volume est fait, et le titre On l'écrit après le mot fin.
Mes amis, depuis la préface, Jusqu'au bout du livre, jamais Un seul mot, un seul, ne s'efface:
Tout y reste écrit désormais.
Faisons donc, mes frères, en sorte Que le texte en soit bien correct, Qu'au début la fin se rapporte Sans un tour de phrase suspect.
Que le sens au terme s'applique, Accordant toujours sans façon La grammaire avec la logique, Et la rime avec la raison.
Ecriture anglaise ou gothique, Parchemin, vélin, c'est égal ; Mais qu'un jour, pour toute critique, Le lecteur se dise : « Pas mal ! »
Janvier 1860.
A Théodore de Banville
en lui adressant
mon Livre des Ballades et mon Livre des Paraboles.
Vers de 9 s) llabes.
uu uu - UU — u UU UU — uu —
Dans la verte foret, ô poète, Où la Muse te parle tout bas, Que de fois, sous la feuille inquiète, Je me suis hasardé sur tes pas !
Que de fois, écouteur chimérique,
Les étoiles du ciel n'ont pu voir Epier, sous ton chêne lyrique, Rossignols et fauvettes le soir !
Mais, hélas ! de ces chasses furtives Je n'ai rien rapporté, Dieu le sait.
Rossignols ni fauvettes craintives, Aucun d'eux ne s'est pris au lacet.
Vainement, des bouvreuils, des linottes, Tour à tour, j'ai fouillé le buisson.
Je n'ai pu recueillir que les notes Tout au plus d'un refrain de pinson.
Apprenti de la rime et du mètre, Oue veut-on ? Je n'ai rien au-delà.
d } André van Hassclt 223
Mon papier de musique, ô mon maître, Si tu veux l'agréer, — le voilà!
Le Cœur donné.
Vers de 10 et de 5 syllabes, ww — w — uu — u — u
\j\j — \j — \j yj\j — w — uu — u —
wu — u —
« Je le veux ton cœur », me disait l'étoile
Oui, le jour, se voile, Mais qu'on voit briller dans le ciel si pur
De la nuit d'azur.
« Je le veux ton cœur », me disait la branche
De la rose blanche, Qui prodigue au soir, invisible amant,
Son parfum charmant.
« Je le veux ton cœur », me disait l'abeille
Que l'aurore éveille ; « J'ai des fleurs sans nombre, et j'en faits pour nous
Tant de miel si doux. »
O l'abeille d'or, ô l'étoile aimante,
O la fleur charmante, Vous voulez mon cœur et j'en suis peiné :
Car il est donné, (i)
(i) Luigi Bordése, compositeur italien de romances et nocturnes, né à Xaples en 1815, mort à Paris en 188Û, et qui triompha durant de longues années dans notre capitale, sous les régnes de Louis-Philippe 1" et de Napoléon III, a fait,
Le Secret.
Vers de 1 1 et de 3 syllabes.
\j — wo — yu — Ukj —
J'ai dit mon secret aux fleurettes des champ-,
Aux fleurettes, Si douces toujours, même aux yeux des méchants,
Si discrètes.
J'ai dit mon secret au nuage flottant.
Au nuage Qui marche et poursuit, dans l'azur éclatant,
Son voyage.
J'ai dit mon secret à la brise du soir,
A la brise.
Oui sème tes fleurs, dans le lac, ton miroir,
O cytise.
La brise l'a dit à la source des bois,
A la source.
Le flot le murmure et s'en rit à la fois
Dans sa course.
L'oiseau le redit à l'aurore en chantant, A l'aurore.
une première fois, de la musique, sur ces jolis vers, du vivant d André van Hasselt. Récemment, un jeune compatriote maëstrichois du poète, M. Emile Wesly, musicien plein de talent, résidant à Bruxelles, a mis de nouveau en musique, sous le titre de Binette, ces stances élégantes.
d'André van Hasselt 22=
L'écho le répète à son tour, éclatant Et sonore.
Hélas ! maintenant tout le monde le sait, Tout le monde.
Toi seule peux-tu l'ignorer ce secret, O ma blonde ? (i)
Le Credo des Arbres.
Vers de 12 et de 6 syllabes.
VU — WU — VJKJ — L/V
w — vu — u
Nous croyons au Dieu fort, dont le souffle puissant,
En ses vastes murmures, Dit toujours quelque chose aux forêts en passant
A travers nos ramures.
Nous croyons au Dieu grand, dont la foudre parfois
Retentit sur nos cimes, Comme un orgue du ciel qui prolonge sa voix
En cantiques sublimes.
Nous croyons au Dieu bon, qui réveille, au printemps, Les oiseaux sur nos branches,
(1) M. Emile Wesly, le compositeur du Cmtr donné, la pièce précédente, a mis en musique cette poésie, justement devenue célèbre dans les salons, au double titre du charme de la pensée et de 1 accompagnement.
226 Poésies choisies d'André van Hassclt
Et garnit nos rameaux de bouquets éclatants De fleurs roses et blanches.
Si ton cœur, ô passant, comme un vase télé Laisse fuir les croyances,
Nous gardons ce trésor en nous-mêmes celé Sans tes vaines sciences.
Car les arbres où Dieu met les fleurs et les nids,
O mystère suprême !
Sont plus près du Seigneur et des Cieux infinis
O passant, que toi-même.
Actéon a Diane.
I rers èlègiaques
Vers de 16 et de 14 syllabes.
— Vvy — w — — ww — yjyj —
Blanche au milieu des étoiles charmantes qui brillent, la lune
Mène leur chœur à travers l'ombre muette des nuits. Seul (car tout dort sur la terre), ô Diane, au sommet de la dune,
Seul me voici tous les soirs l'œil dans les cieux qui te suis. L'onde amoureuse du lac où tu viens te baigner, ô ma reine,
Tremble et palpite à saisir, nymphe, ton corps si charmant. Moi, plus encor que le flot, je palpite, ô beauté souveraine,
Rien qu'à te voir dans les cieux, moi qui t'attends vainement.