D LA NUIT D'ÉGLÉ
ONuiT, dure autant que ma vie, L'aube du jour me fait trembler :
Ton ombre va m'être ravie, Et les amours vont s'envoler.
Églé dans mes bras se repose.
J'attends, j'enchaîne mes désirs.
Hélas i c'est l'amour qui le cause, Ce sommeil, enfant des plaisirs.
Par cette lampe du mystère.
Je vois mille charmes divers; Et si l'astre du jour m'éclaire.
Je ne verrai que l'univers.
Amour, toi dont le trait rapide Vole aussi prompt que le regard,
Odes. 239
Donne à Titon les feux d'Alcide ; L'aurore arrivera plus tard.
Mais je vois poindre la lumière.
Ce rayon va nous découvrir ; Églé ferme encor sa paupière, Celle des jaloux va s'ouvrir.
Hâte-toi, sommeil, je f implore, Souffre que je règne à mon tour.
Quitte les beaux yeux que j'adote, Pour y faire place à l'amour.
Des jeux plus doux que tes mensonges Préviendront encor le soleil ; Églé, chassons l'erreur des songes Par les vérités du réveil.