LA COURONNE DE ROSES
JE sais que les mains d'une belle Ont cueilli ces roses pour moi.
Uamitié me les offre-t-elle ?
Est-ce à Tamour que je les doi ?
L'amitié forme une couronne Dont la fraîcheur dure toujours, Au lieu qu'on ne voit aux amours Que des fleurs que le temps moissonne.
Ne les voir durer qu'un matin, Églé, quelle douleur extrême I Se peut-il, depuis que l'on aime, Qu'on n'ait pu changer leur destin ?
Au pressentiment de mon âme.
Je croîs cet instant arrivé.
26o Poésies de Gentil-Bernard,
Églé, c'est peut-être à ta flamme Que ce prodige est réservé.
Tentons des épreuves nouvelles.
Je connois ton cœur et ma foi : Nous rendrons ces fleurs immortelles ; Ce miracle est digne de toi.