‹ Poésies choisies de Gresset;Chapitre 44 sur 61 · SCENE V GÉRONTE, ARISTE, VALÈRE · texte numérisé non relu

SCENE V GÉRONTE, ARISTE, VALÈRE

GÉRONTE

Le voilà bien paré ! ma foi, c'est grand dommage Que vous ayez ici perdu votre étalage I

VALÈRE

Cessez de m'accabler, monsieur, et par pitié Songez qu'avant ce jour j'avois votre amitié. Par l'erreur d'un moment ne jugez point ma vie. Je n'ai qu'une espérance, ah ! m'est-elle ravie ? Sans l'aimable Chloé je ne puis être heureux : Voulez-vous mon malheur ?

Le Méchant, 163

GÉRONTE. I

Elle a d'assez beaux yeux...

Pour des yeux de province.

VALÈRE

Ah ! laissez là, de grâce Des torts que pour toujours mon repentir efface : Laissez un souvenir...

GÉRONTE

Vous-même, laissez-nous.

Monsieur veut me parler. Au reste, arrangez- vous Tout comme vous voudrez, vous n'aurez point ma nièce.

VALÈRE

Quand j'abjure à jamais ce qu un moment d'ivresse...

GÉRONTE

Oh ! pour rompre, vraiment, j'ai bien d'autres raisons.

VALÈRE

Quoi donc?

Je ne dis rien : mais sans tant de façons Laissez-nous, je vous prie, ou bien je me retire.

VALÈRE

Non, monsieur, j'obéis... A peine je respire... Ariste, vous savez mes vœux et mes chagrins.

Décidez de mes jours, leur sort est dans vos mains.

i66 Poésies de Gresstt.

ARISTE

Expliquez-vous^ ou je romps pour jamais.

Vous ne m'estimez plus, si des soupçons secrets...

GÉRONTE

Tenez, voilà Cléon, il pourra vous apprendre, S'il veut, des procédés que je ne puis comprendre. C'est de mon amitié faire bien peu de cas...

Je sors... car je dirois ce que je ne veux pas...

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