SCENE V GÉRONTE, ARISTE, VALÈRE
GÉRONTE
Le voilà bien paré ! ma foi, c'est grand dommage Que vous ayez ici perdu votre étalage I
VALÈRE
Cessez de m'accabler, monsieur, et par pitié Songez qu'avant ce jour j'avois votre amitié. Par l'erreur d'un moment ne jugez point ma vie. Je n'ai qu'une espérance, ah ! m'est-elle ravie ? Sans l'aimable Chloé je ne puis être heureux : Voulez-vous mon malheur ?
Le Méchant, 163
GÉRONTE. I
Elle a d'assez beaux yeux...
Pour des yeux de province.
VALÈRE
Ah ! laissez là, de grâce Des torts que pour toujours mon repentir efface : Laissez un souvenir...
GÉRONTE
Vous-même, laissez-nous.
Monsieur veut me parler. Au reste, arrangez- vous Tout comme vous voudrez, vous n'aurez point ma nièce.
VALÈRE
Quand j'abjure à jamais ce qu un moment d'ivresse...
GÉRONTE
Oh ! pour rompre, vraiment, j'ai bien d'autres raisons.
VALÈRE
Quoi donc?
Je ne dis rien : mais sans tant de façons Laissez-nous, je vous prie, ou bien je me retire.
VALÈRE
Non, monsieur, j'obéis... A peine je respire... Ariste, vous savez mes vœux et mes chagrins.
Décidez de mes jours, leur sort est dans vos mains.
i66 Poésies de Gresstt.
ARISTE
Expliquez-vous^ ou je romps pour jamais.
Vous ne m'estimez plus, si des soupçons secrets...
GÉRONTE
Tenez, voilà Cléon, il pourra vous apprendre, S'il veut, des procédés que je ne puis comprendre. C'est de mon amitié faire bien peu de cas...
Je sors... car je dirois ce que je ne veux pas...