A SO.N LAQUAIS
J'ay l'esprit tout ennuyé D'avoir trop estudié Les Phénomènes d'Arate ; Il est temps que je m'esbate Et que j'aille aux champs jouer.
Bons dieux ! qui voudroit louer Ceux qui, collez sur un livre.
N'ont jamais soucy de vivre ?
Que nous sert l'estudier, Sinon de nous ennu^'er Et soing dessus soing accrestre ' A nous qui serons peut-estre, Ou ce matin ou ce soir, Victime de l'Orque noir.
De rOrque qui ne pardonne.
Tant il est fier 2, à personne ?
Corydon, marche devant ; Sçache où le bon vin se vend.
Fais après à ma bouteille.
Des feuilles de quelque treille, Un tapon 3 pour la boucher.
Ne m'achète point de chair. Car, tant soit-elle friande, L'esté je hay la viande *.
Acheté des abricôs, Des pompons ^, des artichôs.
Des fraises et de la crème :