‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 142 sur 361 · A LUCINE · texte numérisé non relu

A LUCINE

O déesse puissante ^ De pouvoir secourir La vierge languissante Déjà preste à mourir 2, Quand la douleur amere D'un enfant la rend mère !

Si, douce et secourable, Heureusement tu veux D'aureille favorable Ouïr mes humbles vœux, , J'esleveray d'yvoire Une image à ta gloire ;

Et moy, la teste ornée.

De beau lis fleurissant, Iray trois fois Tannée La parfumer d'encens, Accordant sur ma lyre L'honneur de tonOsires.

Descens, déesse humaine.

Du ciel, et, te hâtant, La santé douce ameine A celle qui l'attend.

Et d'une main maistresse Repousse sa détresse... [6f

Toy, déesse Lucine,

L Puissante de, avec IMnf. (L., 2. Horace^ Odes^ III, xxii. R. ex. de Pascal). 3. Osiris.

Requise par trois fois,

De la vierge en gesine

Tu escoutes la vois,

Et desserres la porte

Au doux fruict qu'elle porte.

Tu as de la nature •La clef dedans tes mains ; Tu donnes l'ouverture De la vie aux humains, Et des siècles tivares Les fautes tu repares.

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Quand je suis vingt ou trente mois Sans retourner en Vendomois, Plein de pensées vagabondes, Plein d'un remors et d'un souci.

Aux rochers je me plains ainsi S Aux bois, aux antres et aux ondes :

Rochers, bien que soyez âgez De trois mil ans, vous ne changez Jamais ny d'estat ny de forme ; Mais tousjours ma jeunesse fuit, Et la vieillesse qui me suit De jeune en vieillard me transforme.

Rois, bien que perdiez tous les ans En hyver vos cheveux mouvans.

L'an d'après qui se renouvelle, Renouvelle aussi vostre chef ; Mais le mien ne peut de rechef Ravoir sa perruque nouvelle.

Antres, je me suis veu chez vous Avoir jadis verds les genous.

Le corps habile et la main bonne; Mais ores 2 j*ay le corps plus dur,

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