‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 143 sur 361 · Racine, Phèdre. 2. Maintenant · texte numérisé non relu

Racine, Phèdre. 2. Maintenant

Et les genoux, que n'est le mur Qui froidement vous environne.

Ondesj sans fin vous promenez, Et vous menez et ramenez Vos flots d'un court qui ne séjourne; Et moy, sans faire long séjour, Je m'en vais de nuict et de jour.

Au lieu d'où plus on ne retourne i... [6]

Ma douce jouvence est passée.

Ma première force est cassée, J'ay la dent noire et le chef blanc * ; Mes nerfs sont dissous, et mes veines.

Tant j'ay le corps froid, ne sont pleines Que d'une eau rousse en lieu de sang.

Adieu, ma lyre ; adieu, fillettes, Jadis mes douces amourettes, Adieu, je sens venir ma fin ; Nul passetemps de ma jeunesse Ne m'accompagne en la vieillesse, Que le feu, le lict et le vin.

J'ay la teste toute estourdie De trop d'ans et de maladie; De tous costez le soin me mord.

Et soit que j'aille ou que je tarde, Tousjours après moy je regarde Si je verray venir la mort.

Qui doit, ce me semble, à toute heure Me mener là bas, où demeure Je no sçay quel Pluton, qui tient Ouvert à tous venans un antre.

Où bien facilement on entre.

Mais d'où jamais on ne revient '.

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