Foulé*. ner (N.; L
Celuy n'a soucy quel roy Tyrannise sous sa loy Ou la Perse ou la Syrie, Ou rinde, ou la Tartarie :
Car celuy vit sans esmoy.
Ou bien, s'il a quelque soin, C'est de s'endormir au coin De quelque grotte sauvage.
Ou le long d'un beau rivage, Tout seul se perdre bien loin ;
Et, soit à l'aube du jour, Ou quand la nuict fait son tour Dans sa charrette endormie, Se souvenant de s'amie, Tousjours chanter de l'amour.
o La belle Venus un jour ^ M'amena son fils Amour ; En l'amenant me vint dire:
• Escoute, mon cher Ronsard, Enseigne à mon enfant l'art De bien jouer de la lyre. »
Incontinent je le pris, Et soigneux je luy appris Comme Mercure eut la peine De premier la façonner.
Et de premier en sonner Dessus le mont de Cyllene ;
Comme Minerve inventa Le haut-bois, qu'elle jetta Dedans l'eau toute marrie - ; Comme Pan le chalumeau Qu'il pertuisa ^ du roseau Formé du corps de s'amie *.