‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 161 sur 361 · De se voir laide en jouant. -J. Syrinx · texte numérisé non relu

De se voir laide en jouant. -J. Syrinx

Ainsi, pauvre! que j'estois.

Tout mon art je recordois ^ A cet enfant pour l'apprendre ; Mais luy, comme un faux garsoa.

Se moquoit de ma chanson.

Et ne la vouloit entendre.

« Pauvre sot, ce me dit-il.

Tu te penses bien subtil !

Mais tu as la teste foie D'oser t'égaler à moy.

Qui jeune en sçay plus que tuy, Ni que ceux de ton escole. »

Et alors il me sou-rit, Et en me flatant m'apprit Tous les œuvres de sa mère.

Et comme pour trop aimer Il avoit fait transformer En cent figures son père.

Il me dit tous ses attraits, Tous ses jeux, et de quels traits 11 blesse les fantaisies 3 Et des hommes et des dieux, Tous ses tourments gracieux, Et toutes ses jalousies.

Et me les disant, alors J'publiay tous les accors De ma lyre desdaignée, Pour retenir en leur lieu L'autre chanson que ce dieu M'avoit par cœur enseignée.

-co

Cependant que ce beau mois dure, Mignonne, allon sur la verdure,

Page 1