‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 182 sur 361 · I.IVIIE DEUXIEME · texte numérisé non relu

I.IVIIE DEUXIEME

(De l'Olympe Im dieux l'onlemplent la flotte trojiinne.) [B]

KIot dessus Ilot la navire voloit.

Un trac = d'escume à bouiiiona ae rouloit l^oua l'aviron qui les vagues entame.

L'eau fait un bruit luîtant' contre la rame ! Le chœur sacré des nymphéa aux yeux pera ', Menant le bal dessus les aillons vers, A chef dressé regardoiant estonnées Les pins sauter sur les vagues tournées".., [|W]

„ Se roule, tourno, Volai'e 3. Lnttanf.

184 POÉSIES CHOISIES DE IlONSARD.

Trois fois la lune et trois fois le soleil S'estoient couchez, que l'hyver nompareil.

Armé d'esclairs et de vagues profondes, N'avoit cessé de tourmenter les ondes ; Sans plus la nef de Francus resistoit Haute sur l'eau, qui encores s'estoit Seule sauvée et des eaux et des fiâmes, Ayant perdu ses voiles et ses rames, Quand un fort vent suivy de tourbillons.

Voûtant la mer bossue de sillons.

En la singlant d'une bien longue traite La chasse au bord du rivage de Crète.

Un banc estoit de sablon amassé Voisin du bord où Francus fui chassé.

Haut de falaize et de bourbe attrainée '.

Là, pour mourir, la fiere destinée L'avoit conduit : de tous costez le bord.

Le vent, la mer, lui presentoient la mort.

Comme il pleuroit sur le haut de la poupe, Il s'advisa d'eslire de sa troupe Vingt chevaliers, qui depuis ont esté (Ainsi estoit dans le ciel arresté) Tiges et chefs des familles de France ; Les choisissant tout le dernier s'eslance Dedans l'esquif, aimant trop mieux 2 périr Au bord, qu'en mer honteusement mourir.

Leurs pieds n'estoient à peine en la nasselle, Que le courroux d'une vague cruelle Les fit par force au rivage approcher Et leur bateau froissa contre un rocher... [52]

(Francus et ses compagnons s'accrochent aux rochers et se traînent sur le rivage où Us s'endorment de lassitude. Cybèle, qui protégeait les Troyens, attelle son char et va trouver le Sommeil.)

Le dieu vieillard qui aux songes préside, Morne, habitoit dans une grotte humide.

Page 1