‹ Poésies choisies de P. de Ronsard pub. avec notes et index concernant la langue et laChapitre 210 sur 361 · Ici-bas*. «. Colliers · texte numérisé non relu

Ici-bas*. «. Colliers

(Enfin s'élève l'àme de Charles Martel, le vainqueur des Sarraûns À la bataille de Tours.)

« Au mois d'esté, quand la pauvre famille Du laboureur tient en main la faucille Et, se courbant, abat de'son seigneur Les espics meurs, des campagnes l'honneur, Tant de moisspn, tant de blonde javelle L'une sur Vautre espais ne s'amoncelle, De tous costés esparse sur les champs.

Que de corps morts par les glaives tranchants Seront meurdris ^ de la gent sarrazine.

En moins d'un jour, hostes de Proserpine, Iront là bas trois cens mille tuez.

L'un dessus l'autre en carnage ruez.

Mille ans après, les tourangelles ^ plaines Seront de morts et de meurdres si pleines, D'oz, de harnois, de vuides morions, Que les bouviers^ en traçant leurs sillons.

N'orront ^ sonner sous la terre férue * Que de grands oz hurtez de la charrue.

Tel au combat sera ce grand Martel, Qui, plein de gloire et d'honneur immortel.

Perdra, vainqueur, par mille beaux trofées.

Des Sarrazins les races estoufées.

Et des François le nom victorieux Par sa prouesse envoyra jusqu'aux cieux. »...[26j

(Après lui vient Pépin le Bref, fils de Charles Martel, et le premier roi carlovingien qui succède aax descendants directs de Clovis . Ainsi tout change, même les races royales.

« N'espère rien au monde de certain :

Ainsi que vent tout coule de la main ; Enfant d'Hector, tout se change et rechange ; Le temps nous fait, le temps mesme nous mange. Princes et rois et leurs races s'en vont ;

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